La découverte de diamants près de Kimberley,
dans la province britannique du Cap, en 1867, et d'or dans le
Witwatersrand, en 1885, dans la république boer indépendante
du Transvaal contribua à constituer l'Afrique du Sud
et à transformer un pays d'agriculteurs, Blancs ou Noirs,
en un État industriel moderne, gouverné jusqu'en
1994 par une minorité blanche, mais dépendant
du travail des Noirs.
Agriculture et pêche
En dépit de la surface limitée de terres arables
(12 % de la superficie totale), l'Afrique du Sud est quasi autonome
sur le plan alimentaire. Cette situation est néanmoins
extrêmement contrastée: à l'agriculture
commerciale des «terres blanches», jusque récemment
fortement subventionnée, s'oppose une agriculture de
subsistance à base de maïs dans les homelands, trop
peu étendus (13 % du pays seulement), qui ne couvrent
que 55 % des besoins alimentaires du pays. Les principales cultures
céréalières sont le maïs dans le Veld,
le blé dans la même région et dans le Cap
occidental. La diversité des régions agricoles
tient aux autres productions. La région du Cap est originale
par son climat méditerranéen: c'est le pays des
vignobles et des vergers de fruits tempérés, avec
des exploitations de taille moyenne, constituées par
regroupement des petits lots d'origine. Dans la province du
Cap oriental, les exploitations restent aussi de dimensions
modérées, spécialisées dans les
agrumes et l'élevage laitier. Le Natal est le domaine
de la canne à sucre. Au centre, à la production
céréalière s'ajoutent les oléagineux
(arachide, tournesol) et l'élevage d'embouche et laitier,
à proximité des villes. Le front pionnier de l'agriculture
blanche est au Nord, dans le Low Veld, au Nord et à l'Ouest.
Au Nord, progressent les productions fruitières (agrumes,
fruits tropicaux) et le front pionnier déborde sur le
Mozambique. Les aménagements hydrauliques de l'Orange
ont permis d'étendre vers l'ouest le maïs et les
prairies irriguées. Une grande moitié occidentale
est le domaine d'élevages extensifs de bovins mais surtout
de moutons mérinos et karakul (ceux-ci fournissent l'astrakan),
sans oublier les exotiques autruches. L'urbanisation croissante
de la population blanche multiplie dans maintes régions
du centre les exploitations abandonnées et, malgré
les expulsions opérées par le régime d'apartheid,
les Noirs sont bien plus nombreux que les Blancs dans les régions
agricoles blanches elles-mêmes. La pêche est importante
au Cap et surtout à Durban et alimente une importante
production de farine de poisson.
Ressources minérales et énergétiques
L'exploitation des richesses minières et énergétiques
procure environ 68 % des revenus à l'exportation de l'Afrique
du Sud. Premier producteur d'or (474 t en 1998 - bassin
du Witwatersrand) et premier producteur de chrome (38 millions
de tonnes de métal), l'Afrique du Sud est également
à l'origine de près de 70 % du platine mondial.
De plus, elle figure parmi les principaux producteurs de pierres
précieuses (surtout les diamants), d'uranium, de vanadium
(premier exportateur mondial), d'antimoine, d'amiante, de nickel,
de titane, et de manganèse. En revanche, les gisements
de fer sont relativement modestes, la bauxite est quasi absente
et, surtout, le pétrole manque.
L'Afrique du Sud a donc dû mener une politique énergétique
d'autant plus originale que les sanctions contre le régime
d'apartheid l'ont largement empêchée d'importer
du pétrole. Le sous-sol sud-africain, principalement
au Natal et au Transvaal, concentre près de 60 % des
réserves de charbon du continent africain. Le charbon
extrait, qui place l'Afrique du Sud au quatrième rang
mondial des producteurs, fournit près de 80 % des besoins
en énergie primaire: 19 des 27 grandes centrales électriques
sont alimentées avec ce combustible et le charbon est
également transformé en pétrole. La centrale
nucléaire de Koeberg, dans la province du Cap, est en
activité depuis 1984: cette localisation s'explique par
l'éloignement du bassin houiller. On estime que l'Afrique
du Sud concentre près de 70 % de l'électricité
produite sur le continent africain.
Industrie
L'Afrique du Sud a très tôt amorcé un développement
industriel pour répondre aux besoins des mines, dès
1924, une aciérie était créée à
Pretoria. Après 1948, le Parti nationaliste a multiplié
les entreprises d'État, notamment dans l'industrie lourde,
la production d'essence, l'armement. Les besoins de la mine
jouent aussi un rôle important dans la progression de
l'industrie mécanique lourde, du matériel électrique
et électronique, voire de l'informatique et, d'autre
part, dans la transformation des minerais. L'industrie des biens
de consommation (agroalimentaire, textile, confection, automobile…)
est très variée, mais elle souffre d'une médiocre
productivité, faute de concurrence internationale pendant
toute la période des sanctions et de l'étroitesse
du marché intérieur, la majorité noire
ayant un pouvoir d'achat limité, même s'il est
plus fort que dans les autres pays d'Afrique noire.
Plus de la moitié des industries manufacturières
est concentrée dans le PWV, au sud de l'ancienne province
du Transvaal. Villes portuaires, Le Cap, Durban, Port Elizabeth
et East London assurent environ 25 % de la production industrielle
en valeur. Dans les années 1970, le gouvernement encourage
la décentralisation industrielle; des ports et des complexes
industriels polyvalents se sont implantés à Richards
Bay, au Natal et à Saldanha Bay, au nord-ouest du Cap;
par contre l'industrialisation en bordure ou à l'intérieur
des homelands n'avait donné que des résultats
limités.
Commerce
Les principales sources d'exportation sont l'or, les diamants,
ainsi que d'autres métaux ou produits métallurgiques.
L'Afrique du Sud produit encore 23 % de l'or mondial (474 t).
Les produits de la mine constituent 68 % des exportations
en valeur (contre 4 % aux produits agricoles). Les produits
chimiques, l'outillage et le matériel de transport représentent
également des sources de devises. L'Afrique du Sud tire
aussi des ressources des services: commercialisation du diamant
à l'échelle mondiale, trafic de transit pour le
Lesotho, le Botswana et le Swaziland, mais aussi pour la Zambie,
le Congo démocratique, le Malawi et le Zimbabwe.