Agriculture
Première richesse de l'Algérie coloniale, l'agriculture,
qui exportait à l'époque vin, blé, agrumes
et liège, ne subvient plus aujourd?hui que pour un tiers
aux besoins alimentaires du pays. L'agriculture n'est pas la
priorité d'un pays qui consacre l'essentiel de ses moyens
au décollage industriel. Ensuite, en réponse à
la soif de terre qu'exprimait, entre autres, le combat pour
l'indépendance, la direction politique a choisi de répondre
par une collectivisation des sols (les propriétés
étrangères en 1963, puis les terres algériennes
à partir de 1972) qui se révèle rapidement
contre-productrice, mais – pour des raisons idéologiques
– difficile à amender. La nécessité
de faire face aux pénuries a conduit toutefois à
des réformes qui, à partir de 1984, ont amené
un début de redressement dans le domaine des produits
maraîchers et de l'aviculture. En même temps qu'il
met progressivement fin au système socialiste, l'État
encourage le développement des cultures irriguées
dans le sud du pays. Ces améliorations partielles devraient
faire place, aujourd?hui que sont levées les hypothèques
structurelles, à une véritable politique de développement
global.
Ressources minérales et énergétiques
Les ressources de l'Algérie en métaux non ferreux
sont assez variées et abondantes: plomb, zinc, cuivre
et mercure dans le nord du pays, mais aussi or, étain,
wolfram et surtout uranium, qui ont été découverts
au Sahara, où ils ne sont pas pour l'instant exploités.
Quant au fer, la production des mines d'El-Ouenza (au sud d'Annaba)
diminue, mais les réserves de Gara Djebilet, dans le
sud-ouest du pays, difficiles d'accès, sont estimées
à trois milliards de tonnes; elles feront un jour de
l'Algérie l'un des plus gros producteurs mondiaux.
Ce sont les hydrocarbures qui constituent la principale ressource
naturelle du pays: les exportations de pétrole et de
gaz assurent à elles seules 95 % des ressources
en devises de l'Algérie. Le pétrole algérien
dispose de réserves évaluées à 1.255 millions
de tonnes au début de 1993, soit 0,9 % des
réserves mondiales, alors que la production annuelle
est de 37 millions de tonnes [1994]. La richesse en gaz
est beaucoup plus considérable: le gisement de Hassi
R Mel, au nord de Ghardaïa, est l'un des plus importants
du monde. Au total, avec 3.650 milliards de mètres cubes,
le gaz algérien représente 2,5 % des réserves
mondiales.
Industrie
C'est sur la base de ses richesses en matières premières
que l'Algérie indépendante entreprend, dès
la fin des années 1960, une politique volontariste de
développement économique fondée sur la
théorie socialiste de l'«industrie industrialisante»,
véritable marche forcée vers le progrès,
à laquelle elle consacre la quasi-totalité des
revenus des hydrocarbures. Le pays se dote d?abord d'une industrie
lourde: une aciérie à côté d'Annaba,
puis des industries métallurgiques et mécaniques,
des raffineries, des usines pétrochimiques produisant
matières plastiques et engrais, des fabriques de matériaux
de construction, des usines textiles et agroalimentaires. Jusqu'au
milieu des années 1980, c'est à des entreprises
nationales, jouissant chacune d'un monopole dans son secteur,
qu'est confié le développement économique
du pays, suivant les directives fixées par les plans
quinquennaux. Après un démarrage encourageant,
marqué par des taux d'investissement considérables,
le mauvais fonctionnement – dû à un excès
de centralisation et à l'absence consécutive de
motivation du personnel des entreprises nationales – entraîne
une chute dramatique de la productivité dont l'ampleur
ne peut être supportée que parce que les cours
des hydrocarbures sont élevés. Lorsque les cours
baissent, en 1986, le fardeau devient insupportable, ce
qui conduit le gouvernement à adopter des réformes
d'inspiration libérale. Longues à mettre en œuvre,
ces réformes, appelées à assainir puis
à faire redémarrer l'économie, entraînent
dans un premier temps un dangereux accroissement du chômage.
Commerce et services
Le monopole étatique du commerce extérieur et
un strict contrôle des changes, instaurés parallèlement
à l'étatisation de l'industrie, ont entraîné
pénuries et marché noir; le commerce intérieur,
pour sa part, contrôlé par des centrales d'achat,
est sujet à de fréquentes ruptures de stocks.
Depuis 1967, la part des hydrocarbures dans les exportations
devient de plus en plus hégémonique; dans les
importations, c'est la part des produits alimentaires et des
biens de consommation qui ne cesse de croître. La France
reste le premier partenaire de l'Algérie, devant les
États-Unis, l'Italie et l'Allemagne.
L'Algérie s'est dotée d'infrastructures de qualité
tant en ce qui concerne la distribution électrique que
les transports. Un réseau routier d'une densité
inconnue dans le tiers-monde, des transports aériens
intérieurs et extérieurs relativement développés
facilitent la circulation des hommes et des marchandises. Des
retards ont toutefois été pris, notamment dans
les plus grandes villes, en matière d'urbanisation et
d'adduction d'eau. Le rythme des constructions, non négligeable
pourtant, n'a pas été en mesure de faire face
à la croissance de la population et à l'exode
rural, causant ainsi une crise du logement d'une ampleur exceptionnelle.