L'Éthiopie
a vécu jusqu'à la réforme agraire de 1975
sous un double régime fiscal et foncier. Au nord, les
paysans qui appartenaient au lignage du fondateur éponyme
de la communauté avaient seuls accès à
la terre; au sud, les cultivateurs, descendants des vaincus,
avaient perdu tout droit sur leurs terres au profit de Ménélik
et de ses fidèles, les vainqueurs, dont ils devinrent,
ipso facto, tenanciers précaires à part de fruit.
Les fermes capitalistes, concédées à des
étrangers, furent réunies dans le ministère
des fermes d'État. L'essentiel de la population demeure
tributaire de cultures de subsistance et de l'élevage
du bétail bovin. Le café constitue la principale
exploitation agricole. Le tef, la céréale la plus
cultivée dans le pays, sert à fabriquer une galette,
l'engera, tandis que l'on tire de l'orge une bière (talla)
et le tedj, boisson nationale de l'Éthiopie (hydromel).
Au moins 20 millions d'Éthiopiens du Sud-Ouest dépendent
des plantations intensives du faux bananier (enset), où
la densité dépasse plus de 300 h./km².
L'Éthiopie
possède le plus important cheptel d'Afrique, qui représente
environ un quart du produit agricole brut. Les éleveurs
de bovins vivent au sud de la Rift Valley, le beurre et le lait
constituant la majeure partie de leur alimentation. Les nomades
se rencontrent plutôt dans l'Est; ce sont des chameliers
qui élèvent bovins, ovins et caprins, tout en
exploitant le sel dont ils font le commerce. Le nord-est du
pays subit les méfaits désastreux d'une sécheresse
persistante qui, associée aux troubles de la guerre civile,
provoque de nombreuses famines.
Les
ressources naturelles comprennent la pierre à bâtir
et le sel (extrait à raison d'environ 135.000 t/an).
L'industrie
est pour l'essentiel composée de manufactures de type
artisanal, employant 6 % de la population active et représentant
13 % du PNB. Les principaux postes de production sont les
produits alimentaires et les boissons, le textile, les cuirs
et chaussures, les produits métallurgiques et chimiques,
l'imprimerie et les cigarettes. La moitié des citadins
et les quatre cinquièmes des travailleurs de l'industrie
vivent dans le Choa, la province abritant Addis-Abeba.
Les
transports sont surtout ferroviaires et routiers. Il existe
681 km de chemin de fer et 24.127 km de routes (dont
34 % carrossables). On compte d'autre part une trentaine
d'aéroports à travers le pays.
En
ce qui concerne les moyens de communication et d'information,
l'Éthiopie disposait en 1991 d'un poste téléphonique
pour 315 h., de nombreux journaux quotidiens, d'un récepteur
de radio pour 5?3 h., et d'un téléviseur
pour 504 h.
La
compagnie aérienne, Ethiopian Airlines (Ye Ityopiya Ayr
Menged), fondée en 1946 avec l'aide de la TWA, possède
un réseau intérieur très dense et relie
l'Éthiopie et l'Érythrée à l'Afrique,
à l'Europe et à l'Asie.