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HISTOIRE - GUINEE BISSAU

La domination portugaise

La Guinée-Bissau fit partie de l'empire du Mali. À partir du XVIe siècle, le royaume du Gabu domina le haut pays. Sur la côte, explorée par le navigateur Nuno Tristão, les Portugais établirent des comptoirs dès la seconde moitié du XVe siècle et les placèrent sous l'autorité des îles du Cap-Vert. Du XVIe au XVIIIe siècle, la Guinée portugaise fut un important réservoir d'esclaves à destination des plantations du Brésil. Le port de Cacheu était le centre de la traite négrière dans toute la région. Au XIXe siècle, les visées du Portugal sur la Guinée furent contestées à la fois par les Britanniques et par les Français. Des négociations permirent d'écarter tout d?abord les Britanniques; en 1879, la Guinée-Bissau fut détachée de l'ensemble de la Guinée portugaise pour devenir une colonie autonome et, à la fin du XIXe siècle, les Portugais se lancèrent dans la conquête de l'intérieur. Ils rencontrèrent une vive résistance qui perdura jusque dans les années 1920; les frontières avec les possessions françaises furent fixées par un traité signé en 1886, mais la détermination complète des frontières du territoire ne fut achevée qu'en 1905. La capitale fut transférée de Bolama à Bissau en 1942. En 1951, le territoire se vit attribuer par le Portugal le statut de province d'outre-mer, avec une représentation à l'Assemblée nationale portugaise.


Vers l'indépendance


La lutte pour l'indépendance fut menée par le PAIGC (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), mouvement nationaliste unitaire fondé en 1956 par Amilcar Cabral, et rassemblant intellectuels et populations du continent et de l'archipel des îles du Cap-Vert. Devant le refus de la métropole d'envisager l'indépendance, Cabral lança la guérilla au début des années 1960, se servant de la Guinée et du Sénégal comme postes arrière. Le PAIGC établit plusieurs bases à l'intérieur du pays et obtint le ralliement de nombreux villages de la forêt et des marais: en 1972, malgré la présence de 30?000 soldats portugais, il contrôlait les deux tiers du pays. L'assassinat d'Amilcar Cabral au début de 1973 ne ralentit pas le combat du PAIGC, qui proclama unilatéralement l'indépendance de la république de Guinée-Bissau, bientôt reconnue par plus de trente États. Luiz de Almeida Cabral, le frère d'Amilcar, fut porté à la tête du gouvernement.
La Guinée-Bissau contemporaine


Le 10 septembre 1974, après douze années de lutte armée, le Portugal qui, en avril, venait lui-même de connaître la révolution des Œillets, reconnut l'indépendance du pays. Sous la présidence de Luiz Cabral, le PAIGC devint le parti-État; il prit le contrôle de l'économie et élimina systématiquement ses opposants. À l'indépendance, le pays était dominé par des compagnies de traite commercialisant l'arachide, l'huile de palme et le caoutchouc de cueillette. Pour transformer cette économie de comptoir, les dirigeants optèrent pour un socialisme dérivé du modèle mis en place par la Guinée voisine. L'organisation communautaire et l'étatisation du commerce aboutirent à une stagnation des productions. Les anciens pays socialistes aidèrent surtout à développer la pêche maritime et la recherche minière (bauxite et phosphates encore non exploités, prospection pétrolière offshore). Au début des années 1980, la pénurie de biens alimentaires et industriels était chronique et seules les importations permettaient au pays de survivre.

Depuis l'indépendance du Cap-Vert, en 1975, le PAIGC détenait le pouvoir dans les deux pays mais, en 1980, un coup d'État militaire en Guinée-Bissau, conduit par le Premier ministre, le commandant João Bernardo Vieira, renversa le régime de Cabral et mit un terme aux plans en vue de l'éventuelle union des deux pays. En 1987, Vieira abandonna le marxisme-léninisme et, en 1991, il amorça une ouverture démocratique en autorisant le multipartisme. Le président Vieira a été réélu à la tête de l'État en 1994, mais la situation politique reste toujours instable.

Le limogeage, en juin 1998, du général Ansumane Mané, chef d'état-major des armées, pour négligence dans une affaire de trafic d'armes, fut à l'origine d'un soulèvement d'une partie de l'armée. Malgré l'intervention des forces sénégalaises et guinéennes, les affrontements opposant les rebelles aux troupes loyalistes du président Vieira se poursuivirent, faisant échouer les tentatives de médiation proposées par la Gambie, l'Angola et le Portugal, et obligèrent la majorité des habitants de la capitale à fuir les zones de combats pour se réfugier à l'intérieur du pays ou dans les États voisins. Malgré l'intervention des troupes du Sénégal et de la Guinée, le 7 mai 1999, la rébellion menée par le général Ansumane Mané provoqua le départ du président Vieira. Peu après, Malam Bacaï Sanha fut désigné pour assurer l'intérim de la présidence jusqu'aux prochaines élections générales et chargea José Francisco Fadul de former un gouvernement d'unité nationale.

Élu à la tête de l'État en février 2000, Kumba Yala nomma Caetano Intchama à la direction du nouveau gouvernement. Ce dernier fut limogé en mars 2001 et remplacé par Faustino Fudut Imbali.

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