La période coloniale
Dès le XVe siècle, ces îles et ces
rivages furent intégrés à la zone portugaise
de São Tomé. En 1778, par le traité du
Pardo, le Portugal, dont l'implantation s'était limitée
à l'établissement à Annobón d'un
poste pour la traite négrière, céda à
l'Espagne ses droits sur les îles d'Annobón et
de Fernando Póo (Bioco) et une partie de la côte.
En 1778, les Espagnols tentèrent de s'établir
sur Bioco mais s'en retirèrent trois ans après,
et se désintéressèrent de ces dépendances.
En 1827, les Britanniques, qui occupèrent le port de
Santa Isabel (Malabo), en firent une base de la Royal Navy dans
ses actions contre la traite négrière dans le
golfe de Guinée, et établirent un grand nombre
d'esclaves libérés sur Bioco. En 1843, ils transférèrent
leur base navale antinégrière en Sierra Leone
et, dès l'année suivante, les Espagnols reprirent
possession de l'île; le premier gouverneur espagnol prit
la direction de la colonie en 1858 mais, jusqu'en 1898, celle-ci
ne servit que de lieu de déportation pour les prisonniers
politiques de Cuba, et ce n'est qu'après la perte de
ses colonies en Amérique et en Asie du Sud-Est que l'Espagne
commença à s'intéresser au potentiel économique
de l'île.
En 1885, après une décennie d'exploration de
la côte continentale, elle décréta son protectorat
sur la région. Les intérêts espagnols furent
reconnus par la France en 1900, et deux ans plus tard, des accord
bilatéraux fixèrent les frontières des
possessions espagnoles en Afrique équatoriale (Río
Muni, Fernando Póo, Elobey, Annobón et Corsico)
qui, réunies en 1909, constituèrent la colonie
de la Guinée espagnole. Ce n'est toutefois que dans les
années 1920 que les Espagnols parvinrent à soumettre
totalement les Fangs de l'intérieur du pays. La colonisation
espagnole se fit sous un régime d'encomienda, comparable
à celui qui avait été établi au
XVIe siècle au Mexique et au Pérou; les terres
et leurs populations furent en grande partie confiées
à des sociétés missionnaires catholiques.
Sur Fernando Póo, des investisseurs européens
développèrent les cultures de plantation (cacao)
en faisant appel à de la main-d?œuvre importée,
principalement du Nigeria. Le Río Muni fut presque totalement
négligé, et ce n'est qu'après 1945 que
d'autres compagnies étrangères commencèrent
à exploiter le bois de la forêt équatoriale.
Dans les années 1950, devant la poussée des revendications
nationalistes, l'Espagne fut amenée à modifier
sa politique coloniale et, en 1959, elle intégra sa colonie,
sous le nom de Région équatoriale, formant les
deux provinces espagnoles du Río Muni et de Fernando
Póo, représentées au Parlement de Madrid;
en 1963, les deux provinces obtinrent leur autonomie sous le
nom de Guinée espagnole; en 1964, un gouvernement local
constitué de nationalistes modérés fut
chargé d'administrer le pays mais il fut rapidement débordé
par des mouvements plus radicaux qui, tel celui du MONALIGE,
formé en 1962, entendaient maintenir l'unité du
pays en s'opposant fermement aux tentatives séparatistes
des grands propriétaires de Fernando Póo. En 1968,
l'Espagne décida de se retirer complètement de
la région et, après de rapides négociations,
une constitution unitaire fut approuvée; les élections
aussitôt organisées virent la défaite des
nationalistes modérés.
L'indépendance
La Guinée espagnole accéda à l'indépendance
le 12 octobre 1968. Un grand propriétaire de l'ethnie
Fang, Francisco Macias Nguema, devint président. Dès
1970, il instaura un régime de parti unique et gouverna
par la terreur. Les arrestations et les assassinats se multiplièrent.
Environ un tiers de la population fuit le pays.
Le 3 août 1979, le colonel Teodoro Obiang Nguema
Mbasogo destitua son oncle, le président Macias Nguema.
Le nouveau chef d'État adoucit les méthodes de
l'ancien régime, sans toutefois mettre fin à l'autocratie.
En août 1990, sous la pression de l'Église catholique,
le PDGE (parti unique) accepta le principe du multipartisme.
Une nouvelle Constitution fut adoptée par référendum
en 1991, et le multipartisme fut légalisé en 1992.
L'amnistie politique permit le retour de nombreux opposants.
En 1996, les partis d'opposition boycottèrent l'élection
présidentielle remportée par Obiang Nguema avec
99 % des voix.