Le
Lesotho est né de la réaction de défense
des populations de langue sotho à l'expansion zouloue
conduite par Shaka. Moshoeshoe, chef d'une petite tribu kwena,
parvint en 1831 à unir vingt-trois groupes de Sothos
du Sud sous son commandement et les regroupa dans cette montagne-refuge.
Il accueillit les missionnaires protestants des missions évangéliques
de Paris, et plus tard des missionnaires catholiques. En butte
aux attaques des Boers de l'Orange, il sollicita, à l'initiative
des missionnaires, la protection britannique. En 1868,
le Basutoland devint protectorat. Les Sothos, refusant de rendre
les armes, entamèrent en 1881 une guerre contre
leurs protecteurs; un compromis fut trouvé la même
année: les armes furent conservées, moyennant
une taxe, et il fut assuré que les Blancs ne pourraient
acquérir de terre dans le pays. Précocement christianisée,
la population doit aux missions un degré d'instruction
assez élevé; les Églises ont un grand poids
et les conflits ont souvent des arrière-fonds religieux.
En 1966,
le Basutoland acquit son indépendance et, sous le nom
de royaume du Lesotho, il devint une monarchie constitutionnelle,
membre du Commonwealth. Il a connu une histoire agitée,
rythmée par les conflits entre les Premiers ministres
successifs et le souverain, et par des tensions dans les relations
avec l'Afrique du Sud, dont il dépend étroitement.
En 1986, le chef Leabua Jonathan, Premier ministre depuis
dix-neuf ans, fut renversé par un putsch militaire et
remplacé par le général Justin Lekhanya,
proche de Pretoria. En 1993, des élections libres
ont amené au pouvoir le Basutoland National Party de
Ntsu Mokhele, opposé aux chefs et à la royauté,
mais des mutineries au sein de l'armée ont conduit à
une intervention politique de l'Afrique du Sud, du Zimbabwe
et du Botswana et confirmé le retour du roi Moshoeshoe III,
exilé en 1990. La mort du souverain, en janvier 1996,
dans un accident, ne peut qu'entretenir l'instabilité.