Les
fondements de l'économie ont d'abord reposé sur
la plantation industrielle. Les Américano-Libériens
ont cherché à capter les rentes issues des plantations
d'hévéas. Le pays avait été sauvé
de la banqueroute en 1926 par une intervention directe
de Firestone (on évoquait alors la « République
Firestone ») qui se fit octroyer 4.000 km2 en
concession et développa une rubber belt autour d'Harbell.
Avec l'arrivée au pouvoir de William Tubman et l'open
door policy, 6 autres compagnies purent investir dans les grandes
plantations. Avant la guerre civile, ces grands complexes couvraient
1/3 des superficies plantées. La politique d'ouverture
et les années Tubman (1944-1971) contribuèrent
aussi à améliorer les échanges (construction
du port de Monrovia) et furent marquées par les investissements
miniers.
Le sous-sol libérien
est riche en minerais de fer à très haute teneur
(de 65 à 70 %) et les réserves sont évaluées
à plus de 2 milliards de tonnes, soit environ 10 %
des réserves africaines connues. Lancée en 1951,
l'extraction du minerai de fer a rapidement progressé
pour devenir, dès 1960, la locomotive des exportations,
devant le caoutchouc. Dans les années 1970, 4 gisements
soutenaient les recettes de l'État: Mano River, contrôlée
par la National Iron Ore Co. (85 % de capital libérien);
Bomi Hill, la plus ancienne mine, propriété de
l'américaine Liberian Mine Co; Bong Range exploité
par l'allemande German Liberian Mining Co.; le Nimba Range,
gisement le plus important fournissant la moitié de la
production, contrôlé par la Lamco américano-suédoise.
Évacuée par chemin de fer vers les ports de Monrovia
et de Buchanan, la production de minerai n'a cessé de
croître (10.000.000 t/an entre 1960 et 1970,
20.000.000 t/an à partir de 1975) et le Liberia
est devenu le premier exportateur africain de fer.
La
récession dans les pays industrialisés et la guerre
civile ont conduit à l'effondrement de la production
et les bases économiques et l'unité nationale
sont à reconstruire.