A
quelques encablures du port, le penon de Alhucemas se dresse
comme un défi avec son drapeau espagnol claquant au vent.
Il signe ainsi l'histoire du lieu. Une histoire récente
puisque Al Hociema, campée au sommet d' une falaise dominant
de la mer de quelque 70 m , ne fut fondée par les Espagnols
sous le nom de la Villa Sanjurjo qu 'en 1926. Pas de trésor
architectural donc. Mais en revanche , les plages ,criques ,
calanques et promontoires des alentours vous retiendront sans
peine : ils forment l ' un des plus beaux ensembles naturel
de la cote méditerranéenne du maroc. Entièrement
dévolu aux plaisirs de la mer, Al Hoceima vit au rythme
des saisons .L'été passé, hôtels
et restaurant ferment leur porte, et Al Hociema s 'endort jusqu'au
printemps suivant.
Anglais
, français ...Avant même que la ville existât
, ce sont les îles au large de Al Hociema qui attirent
, des les XVII ème siècle, l' attention des navigateurs
européens .Lors du déclin de la dynastie saadienne,
le vice amiral Law son envisagera en effet d ' y créer
un poste ( 1661). reprenant un projet de Mazarin , Colbert décida
de devancer les Anglais ou , à défaut , d' inciter
les Espagnols à s' y installer leur place... Apres une
reconnaissance de l' archipel par le duc beaufort, les frères
Fréjus, commençant Marseillais , demandèrent
au roi l' autorisation de s 'établir dans les îles
Albouzemes, avec privilège exclusif du trafic commercial.
Roland Fréjus y débarquera en 1966 ; mais son
entrevue avec Moulay er Rachid n' ayant pas donner les résultats
escomptés , la société commerciale crée
à cet effet fut dissoute. ...ou Espagnols? L' Espagne
, qui avant protesté contre l' installation des Francais
en vertu d'une concession qui lui avait été accordée
en 1660 par le chérif saadien, s'y installa à
son tour en 1973. L' hostilité des Rifains l' empêcha
néanmoins de profiter pleinement de cette intéressante
position stratégique et commerciales. Abd el Krim en
prit même possession lors de la guerre du rif, mais les
îles demeurèrent espagnoles : elles le sont encore
, ce qui en interdit tout accès depuis la cote marocaine.
la ville
moderne , qui ne compte aucun monument ni bâtiment particulièrement
intéressant , s'anime tout particulièrement à
l'occasion du souk, le mardi .En descendant l'avenue Mohammed
V , on remarquera cependant , juste à la hauteur de la
place, la résidence du gouverneur , entourée de
jardins. Sur la droite une route descend vers le port en longeant
une plage bordée par l' hôtel Quemado.
Le port
, encastré entre une falaise et un rocher,abrite des
dizaines de chalutiers et un petit chantier naval. Malgré
les difficultés de la pêche en Méditerranée,
il demeure actif. Curieusement, des bars à marins y côtoient
une mosquée.
En suivant
vers l'ouest. la route côtières sur 2 ou 3 Km,
on pourrait s'arrêter sur l' une des criques ou plages
de sable et apercevoir une maison en ruine construite sur un
rocher au milieu de l'océan.
Mais on
préféra quitter la ville vers l 'este pour se
rendre à la très belle plage de Asfiha ( 4 Km
) , et découvrir le Penon de Alhucemas. construit face
au village du club méditerranée, l'îlot
espagnol (pas d'accès) abrite une église,quelque
maisons une garnison et une prison. On imagine les difficultés
de ravitaillement, et ce que le droit de visite peut y signifier.
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