Comme
Fès, Rabat et Meknès, Marrakech a le privilège
d'être une ville makhzen, c'est à dire impériale.
Elle jouit également d' un prestige particulier : celui
d'avoir donné son nom au pays tout entier. L'attraction
de la prestigieuse cité fondée au XI par les Almoravides,
aujourd'hui la troisième ville du royaume, s'exerce encore
au delà de la barrière montagneuse du Haut Atlas,
jusqu'aux confins sahariens. Marrakech est aussi la grande métropole
berbère où affluent, du Haut Atlas et de l'extrémité
ouest du Moyen Atlas, de rudes montagnard au type ethnique affirmé,
et les gens de l'Ani Atlas et des vallées présahariennes,
du Dra surtout, où le métissage avec les populations
noires est parfois très marqué. La prédominance
berbère dans la population explique sa grande originalité.
Celle ci s'exprime particulièrement sur la place .
Jemma el
Fna, le coeur de la ville, où se produisent conteurs,
charmeurs de serpents, jongleurs et autres funambules qui transforment
cette esplanade en un gigantesque théâtre de plein
air.
Enfin ,
Marrakech s'étale largement, exposant fièrement
ses richesses et s'annonçant de loin par le puissant
minaret de la Koutoubia qui s'élance au dessus des remparts,
tel un phare dans la plaine du Haouz.
Découvrir
Marrakech.
les promenades.
1-Le tour
des remparts. long de 19 Km, flanqués de 202 tours, percés
de neuf portes monumentales, les remparts donnent une bonne
idée de l'importance historique de la ville.
2-Le coeur
de la médina : La Koutoubia et la place Jemma el Fnaa.
Jemaa el Fnaa est le coeur vivant de la ville, tout à
la fois marché et lieu de spectacles en plein air ; ses
couleurs et son animation sont devenues légendaires dans
le monde entier. En vue de la place, la mosquée de la
Koutobia, joyau de l'art hispano mauresque lance son splendide
minaret vers le ciel.
3-Les tombeaux
Saadiens, le palais el Badi et le mellah. L'une des promenades
le plus intéressantes sur le plan artistique. Murés
par Moulay Ismail, les tombeaux Saadiens ne furent retrouvés
qu 'n 1917. Le palais el Badi subit aussi les foudres du second
souverain alaouite, mais ses ruines grandioses témoignent
toujours de la dynastie sadienne. Tout proche, le mellah où
habitait autrefois la communauté juive de Marrakech.
Quant à la mosquée de la kasba, elle se distingue
par son élégant minaret.
4-Le palais
de la Bahia et le musée Dar Si Said. Deux autres palais
remarquables de Marrakech, construits à la fin du XIX.
le Bahia est un véritable enchevêtrements de cours
et d'appartements. Le Dar Si Said, de dimension plus modeste,
abrite un intéressant musée d'art marocain.
5-Les souks.
Leur exploration est une merveilleuse aventure où se
laisse entraîner d'une échoppe à l'autre
au gré d'une foule bigarrée.
6-Le nord
de la médina. Partant de la médersa Ben Youssef,
vous explorerez les ruelles étroites de cette partie
de la médina , à la recherche des tombeaux des
saint de Marrakech, de vieux fondouqs qui résonnent aujourd'hui
de l'activité des artisans ou de belles fontaines.
7- Les jardins
de Marrakech et le Guéliz. Cette promenade vous permettra
de vous détendre dans les jardins de la ville, loin de
la foule et du bruit. La Mènera est une immense oliveraie
très appréciée dans Marrakchis viennent
y pique niquer en famille. Le jardin Majorelle, disposé
autour de la demeure de l'artiste aujourd'hui transformée
en musée d'art islamique, s'inscrit dans la tradition
des jardins orientaux. Entre ces deux havres de verdure s'étend
le Guéliz, la partie moderne de la ville, dont la construction
fut décidée par Lyautey pour loger les administrations
et les fonctionnaires du protectorat : certains bâtiments
de cette époque sont encore visibles.
Marrakech
à la carte.
Mosquées
médersas. Les mosquées ne sont pas ouverte au
public mais certaines présentent des minarets et une
architecture extérieure très intéressants
: la moquée de la Koutoubia, avec son remarquable minaret,
la mosquée Ben Youssef. Les medersas offrent une décoration
raffinée qui associe bois sculpté,stucs et zelliges
: parmi elles, la médersa Ben Youssef.
Les jardins.
Oasis de pais et d'harmonie au coeur du vacarme de la ville.
La mènera est le plus vaste d'entre eux ; le jardin Majorelle
marie avec bonheur de multiples essences exotiques; le jardin
de l'agdal, planté de citronniers et d'orangers.
Les palais.
ville royale, Marrakech fut embellie par ses souverains successifs
qui se firent construire de somptueuses demeures. Le palais
el Badi, dont il ne reste que des ruines grandioses, témoigne
de la splendeur des Saadiens ; le palais de la Bahia fut construit
par le grand vizir du sultan à la fin du XIX le palais
royal,édifié en 1747 et rénové par
Hassan II reçoit le roi sen séjour.
L'artisanat.
Les souks, la médina... Mais aussi des musées
: le savoir faire et la créativité des Marrakchis
se découvrent avec les pièces exposées
au Dar Si Said, un ancien palais aménagé en musée
- qui doit encore être enrichi. Plus vivante et chaleureuse,
la maison tiskiwin, à coté du Dar Si Said : Bert
Flint, ce passionné de l'artisanat marocain, y a rassemblé
une collection de tapis qui complète parfaitement celle
du musée voisin.
Les souks.
Les souks de Marrakech méritent bien leur renommée.
Organisé par corps de métiers, ils se visitent
au gré d'une promenade qui vous entraîne vers le
souk des potiers, des vanniers, des dinandiers, des teinturiers,
celui des épices odorantes, le souk des tapis vendus
à la criée, ou encore celui des bijoutiers, à
l'atmosphère plus feutrée.
La médina.
Le coeur battant de la ville ancienne reste la place Jemaa el
Fnaa, bruissant chaque après midi et jusque tard dans
la nuit des appels des bateleurs, du son aigrelet des flûtes
des charmeurs de serpents, des récit des conteurs...
Les ruelles de la médina contrastent par leur atmosphère
paisible,abritant maisons et jardins derrière de haut
murs.
Les fontaines.
Au coeur de la médina, ces fontaines auxquelles s'approvisionnaient
les habitants restent de véritable oeuvres d'art. La
fontaine "Ghrob ou Chouf " porte une façade
en bois sculpté. Le bassin rectangulaire de la fontaine
el Mouassin a quant à lui bénéficié
d'une restauration.
Vivre Marrakech.
Petit déjeuner.
Dans l'un des cafés de la place Abd EL Mou men ben Ali,
au centre du Ghéliz, on sert café crème
et croissants frais. On y lira son quotidien du matin en lézardant
paresseusement sur la terrasse, sous le soleil.
Aller au
hammam. Détente et vigueur nouvelle garantis avec un
bain de vapeur suivi d'un massage et d'une douche froide.
Les roses
de Guéliz. Vous rentrez en France depuis l'aéroport
de Marrakech , Pourquoi ne pas ramener un souvenir odorant et
coloré : une brassée de roses que vous trouverez
au marché de Ghéliz. Les marchands, coutumiers
du fait; vous les emballeront dans un paquet très commode
que vous porterez à l'épaule comme une sorte de
carquois.
Prendre
un thé. Sur la terrasse de l'Hôtel de France qui
donne la place Jemma el Fnaa, en fin de journée, au moment
où l'activité commence à battre son plein.
Ou bien au dernier étage du café Panorama, sur
l'avenue Mohammed V, à Guéliz : on y découvre
l'une des plus belle vues sur Marrakech, avec au loin les hauteurs
de l'Atlas qui s'enflamment au soleil couchant.
Spécial
lune de miel. En calèche au clair de lune. On ne peut
rêver promenade plus romantique à travers les ruelles
de la vieille ville. Et pourquoi ne pas terminer la balade à
la Mamounia ou dans l'un des superbes restaurants de la vieille
ville.
Escargots
et panse farcie. On mange les premiers dans des bols, debout
devant les stands qui les proposent aux amateurs. La panse se
sert grillée, à la table de l'une des innombrables
gargotes d la place Jemma el Fna, dès le coucher du soleil.
Une autre
expérience culinaire ; à la rupture du jeûne,
pendant le mois de Ramadan, on dégustera l'un de ces
restaurants improvisés une harira brûlante, épaisse
et épicée.
Le souk
des chameaux. Tous les jeudi à la sortie de la ville
en direction d'Essaouira. Ames sensibles s'abstenir : ces braves
bêtes sont vendues comme animaux de bat, mais aussi comme
viande de boucherie ; on les égorge tôt le matin.
Sortir le
soir. Cabaret, night clubs ... Au casino de la Mamounia ou à
celui du Saadi, la chance vous permettra peut être de
vous payer une chambre dans l'un de ces deux palaces.
Marrakech
mode d'emploi.
Quant visiter?
La saison idéal celle ou l'on ne peut être incommodé
par la Chaleur, s'étend de novembre ou décembre
jusqu'en mai. Le festival de Marrakech, qui a lieu début
juin, pourra clore avec bonheur un séjour au printemps.
S'orienter.
La ville se divise en quartiers qui correspondent aux différentes
étapes de son histoire.
- La médina,
c'est la vieille cité entourée de ses remparts,
son monuments le plus évident étant le minaret
de la Koutoubia. En son centre , la place Jemma el Fnaa, sur
laquelle s'ouvrent les souks.
- Le Guéliz,
C' est la ville nouvelle, voulue par Lyautey pour ne pas modifier
l'harmonie intérieure de la vieille ville. Elle est reliée
directement à la place Jemaa el Fna par l'avenue Mohammed
V.
- L'Hivernage
qui prolonge le Guéliz au sud est limité par les
remparts et les jardins de la ménara . Il date également
du protectorat. De nombreux hôtels y ont été
construits, aérés de grands jardins.
- Le quartier
industriel s'étend à l'ouest du Guéliz,
sans plan d'urbanisme précis ; il est dominé par
une colline ponctuée de casernes militaires.
Se déplacer.
A l'exception des souks et de la médina sont la visite
n'est concevable qu'à pied, tous les monuments de la
ville peuvent être atteints en voiture ou en calèche.
Le stationnement ne pose pas de problème.
- Les calèches
sont nombreuses à Marrakech et offrent un mode de locomotion
agréable et peu onéreux, à condition toutefois
de discuter les prix.
- Les petit
taxis jaunes qui assurent le transport urbain appliquent aussi
des tarifs raisonnables, mais qu'il vaut mieux avoir fixé
avant la course.
- Il existe
aussi 5 lignes d'autobus sillonnant les principales artères
; la ligne principales relie le Guéliz à la place
Jemaa el Fna.
S'organiser.
Les congés hebdomadaires sont officiellement le samedi
après midi et le dimanche, mais dans les souks les commerçants
préfèrent baisser leur rideau le vendredi, plus
tôt l'après midi Heures de fermeture quotidienne
: entre 13 h et 16 h. Les musée et jardins sont ouverte
tous les jours mais ferment généralement à
l'heure du déjeuner puis à 18 h.
Proposition
de programmes.
Une journée
. On se limitera à la ville ancienne en visitant le matin
les tombeaux Saadiens, le palais el Badi et le palais de la
Bahia. De là, on se dirigera vers la place Jemaa el Fna
où il sera temps de s'octroyer un peu de repos ainsi
qu'un déjeuner. On visitera au crépuscule sur
la place Jemma el Fna pour se mêler à la foule
des badauds qui prenne possession de l'esplanade.
Deux jours.
On pourra prendre le temps de flâner davantage ne consacrant
par exemple une journée entière à la visite
des souks et de la partie nord de la médina. On terminera
par la place Jemaa el Fna . au moment où l'animation
commence à battre son plein . Le second jour conduira
au quartier des palais au sud de la médina , puis dans
l'après midi vers les jardins de la ville.
Trois jours.
C'est la durée minimum pour faire connaissance avec Marrakech,
pour y flâner longuement de la ville. O, pourra alors
sans se presser suivre toutes les promenades proposées
ci dessous , et même trouver le temps d'une incursion
dans la palmeraie.
Une semaine.
Marrakech s'aura alors plus de secret pour vous. Entre les visites,
on pourra s'octroyer de longs moment de détente au bord
de la piscine de son hôtel. On pourra également
effectuer de superbe excursions dans les environs : sur la belle
et animée Essaouira, ou alors, si l'on ce craint par
la chaleur, dans les terres ne visitant les cascades d'Ouzoud,
la vallée de l'ourika et l'Oukaimeden.
Marrakech
dans l'histoire.
Des fondateurs
dédaigneux. Les origines de la ville assez confuses.
Selon Gaston Deberdun, on trouverait à l'origine de Marrakech
un camps créé vers 1070 par Abou Bekr, l'un des
plus valeureux chefs des Almoravides, grands ,nomades sahariens
de la tribu des Lemtouna. On les appelait également les
Sanhadja au litham, c"est à dire au voile, car ils
portaient un voile sur la partie inférieure du visage
et un autre sur le front et la tête, comme les Touareg.
Cette tenue leur permettait de railler les autres populations
du Maghreb qu'ils qualifiaient de gobe-mouches.
Abou Bekr
construire une kasba, le Qasr el Hajat, le " château
de pierre ", dont les vestiges ont été retrouvés
au nord de l'actuelle Koutoubia. Quant au campement groupant
les tentes les Lemtouna, des gens d'Aghmat et des Masmouda de
la plaine du Haouz, il fut entouré d une enceinte d'épines
de jujubier.
<<Qui
va à la chasse...>> Appelé au Sahara où
venait d'éclater une révolte, Abou Beker confia,
en janvier 1071, à son cousin Youssef ben Tachfin le
soin de gouverner les nouvelles possessions almoravides. Devenu
pratiquement le maître de Marrakech, Youssef ben Tachfin
dut fonder immédiatement une grande mosquée dont
il ne reste rien. Puis il recruta en Espagne un corps de mercenaires
chrétiens et, au Soudan, deux mille soldats noirs pour
constituer sa milice personnelle. lors du retour d'Abou Bekr,
en 1072 ou 1073, il restait trop fermement installé pour
rétrocéder à son cousin le gouvernement
qui lui avait été confié.
La capitale
des Almoravides. Ayant étendu son autorité sur
le nord du Maroc, Youssef ben Tachfin franchit ensuite le détroit
de Gibraltar pour s'assurer la possession de la plupart des
principautés musulmanes de la péninsule Ibérique.
Malgré sa préférence, semble t il, pour
Fès, Marrakech profita largement des ses conquêtes,
non seulement par l'apport de riche butins, mais aussi grâce
à l'établissement de relations commerciales ,
avec l'Espagne notamment. A la mort du grand conquérant
1106, son fils Ali ben Youssef, souverain guerrier, pieux et
lettré tout à la fois, entreprit de donner à
Marrakech son visage de capitale d'un empire qui s'étendait
du Sahara à l'EBRE? de l'Atlantique à Alger.
La ville
s'adonna au commerce avec toutes les provinces de l'empire et
son artisanat se développa. Sans avoir été
aussi florissante que dans la Bagdad des Abbassides, ainsi que
l'affirma le chroniqueur El Marrakchi, la vie intellectuelle
y fut intense.
Les Almohades
: fanatisme destructeur... On sait comment , succombant aux
querelles religieuses, victime de son intempérance et
de son fatalisme, la dynastie almoravides cédera la place
aux intransigeants Almohades. Marrakech, peu éloignée
du foyer spirituel des futurs maîtres du Maroc, sera la
première victime de leurs attaques. D7S 1121, Ibn Toumert
et son lieutenant Abd el Mou men y provoqueront des incidents.
Après
un premier échec aux portes même de la ville en
1128 ou 1130, Abdel el Mou men entreprend une vaste ronde armée
dans le nord du Maroc avant de mettre le siège devant
Marrakech vers juin 1146. La ville est prise d'assaut le 23
mars 1147 et aussitôt mise à sac. Conformément
aux ordres donnée par Ibn Toumert avant sa mort, les
Almoravides sot exterminés, leurs sanctuaires détruits.
... et ardeur
constructrice. Se parant du titre de "Prince des croyants",
Abd el Mou mem s'installe dans le palais d'Ali ben Youssef.
Il édifié une première Koutoubia, puis
une seconde juste à coté, et crée de grade
citernes et un vaste jardin. Son successeur, Abou Yacoub Youssef
(1163-1184), agrandit sa capitale par l'adjonction d'un nouveau
quartier abrité par un rempart se soudant à la
première enceinte. On lui doit également l'aménagement
d(un grand jardin, qui est sans doute l'actuel Agdal. Yacoub
el Mansour ( 1184-1119), le fils aîné d'Abou Yacoub
Youssef, est un infatigable bâtisseur. A partir de 1185,
il dote la ville d'une nouvelle kasba qui ne comptait pas moins
de douze palais, des jardins, des pavillon, des bassins, une
mosquée un oratoire de plein air pour la prière
publique, une kisaria, un hôpital et une place d'armes
où sa cavalerie se livrait à des exercices. L'ensemble,
protégé par une enceinte distincte, contribua
à l'élargissement de Marrakech vers le sud.
Un nouveau
centre intellectuel, L'apogée que connut la ville sous
ces trois premiers souverains almohades se manifesta également
dans l'industrie et le négoce par le renforcement des
liens avec l'Espagne musulmane. Comme sous les Almoravides,
Marrakech attira à cette époque de nombreux savants
et poètes, notamment le célèbre philosophe,
médecin et savant Averroès ( Mohammed iben Rochd)
qui y écrivit son traité de la substance de l'univers
et une partie du Commentaire moyen sur la traité "
Du Ciel" il y mourut en 1198 et y fut inhumé quelque
temps avant que sa dépouille ne soit transférée
à Cordoue.
Le déclin.
Marrakech souffrit énormément de la faiblesse
des derniers souverains de la dynastie, de leurs querelles intestines,
de leurs luttes fratricides et des révolutions de palais.
Les Mérinides mirent à profit ces événement
: après avoir méthodiquement occupé la
région de Fès, ils attaquèrent la ville
qui tomba en 1629. Son conquérant, Abou Youssef Abd el
Haqq, n'y séjourna que deux ans transférant ensuite
sa capitale à Fès.
Une capitale
épisodique. Le simple rôle de métropole
du Sud marocains ne convient guère à Marrakech
qui tente à plusieurs reprises de se soulever contre
le gouvernement central , parfois même sur l'initiative
de princes mérinides comme Abou Inan, le fils d'Abou
el Hassan.
En 1374,
la vice royauté de Marrakech est concédée
à Abd er Rahman ben Ali Ifallousin par le prétendant
Abou el Abbas qui s'installe à Fès, Consacrant
la division de l'empire mérinide en deux royaumes antagonistes
qui se combattront pendant une dizaine d'années.
En 1521,
un prince saadien, Ahmed el Araj, occupe Marrakech. Il devra
cependant attendre jusqu'en 1524 pour prendre la kasbah. La
cité est bien déchue mais il en fait néanmoins
sa capitale. Elle deviendra celle du Maroc tout entier après
que son frère Mohammed ech Cheikh, maître du Sous,
puis de Fès 1549, eut décidé de s'y installer
en 1554.
Après
la conquête de Tombouctou 1591 , le saadien Abou el Abbas
el Mansour, surnommé ed Dehbi ,fut de Marrakech sa principale
résidence impériale. La ville s'enrichit de magnifiques
constructions, décorées de marbre de Carrare payé,dit-on,
au poids du sucre.
Sous les
Alaouite, le siège du gouvernement st transféré
à Fès et à Meknes. De temps à autre,
quelques sultans font toutefois des séjours à
Marrakech où ils marquent leur passage par d'importants
travaux.
Moulay el
Hassan 1873-1894 y est proclamé sultan avant d'être
reconnu à fès. Son fils Moulay el Aziz y séjourne
de 1895 à 1901. le palais de la Bahia fut édifié
sous son règne par de ses vizirs, Ba Ahmed.
Des velléités
de domination. C'est à Marrakech qu'en 1907, profitant
du départ de Moulay Abd el Aziz, son frère Moulay
Abd el Hafid se fait proclamer sultan du Maroc; c'est à
Marrakech encore qu'en 1912, après l'abdication de Moulay
Abd el Hafid, El Hiba se fait également proclamer sultan
par ses partisans ( la population locale, lassée par
des années de guerre civile et d'anarchie, accueillera
d'ailleurs avec un certain soulagement l'arrivée des
troupes françaises).
Lyautey,
dans le but de sauvegarder le patrimoine architectural marocain
et de séparer les populations fait appel à l'urbaniste
Henri Prost. Celui çi crée à coté
de la médina enserrée dans ses remparts le quartier
du Ghéliz, destiné à l'admiration et aux
fonctionnaires du Protectorat. Henri Prost dessine un plan en
étoile aux avenues larges et plantées d'arbres
au long desquelles sont élevés immeubles et maisons.
Les premiers hôtels de luxe, dont la Mamounia, terminé
en 1929, sont construis dans le quartier dit l'Hivernage. Le
chemin de fer atteint la ville en 1928 avec des liaisons vers
Casablanca et rabat. En 1930, Marrakech compte 195000 habitants
et ne cesse d'attirer vers elle une population croissante.
En 1953,
avec l'appui du pacha de Marrakech, le gouvernement français
tente de différer l'échéance de la décolonisation
et destitue le souverain régnant. Cependant en 1956,
la population de la ville accueille triomphalement, comme dans
le reste du pays, le retour d'exil du roi Mohammed V. Le Glaoui,décédé
peu avant l'indépendance après des excuses publiques
au roi, ne verra pas sa famille dispersée et ses bien
confisqués.
Marrakech
aujourd'hui
Un phare
du touriste: Pour le tourisme qui l'approche, Marrakech vit
essentiellement du tourisme. Bénéficiant d'un
climat enviable toute l'année, d'une architecture remarquable
et d'une grande animation, offrant une vaste palmeraie et la
possibilité de belles excursions dans le Haut Atlas,
La ville accueille chaque année un contingent important
de touriste de passage aussi bien que de séjour. L'aéroport
reçoit des vols charters directs en provenance d'Europe,
et l'équipement hôtelier se place au 2ème
rang du Maroc juste après Agadir.
Enfin, si
les souks de la médina abritent de nombreuses boutiques
destinées aux touristes, il suffit cependant de s'y enfoncer
pour découvrir un artisanat authentique.
Les aménagements
de la ville moderne. Le quartier de l'Hivernage est surtout
composé d'hôtels dont les prestigieux Saadi et
Mamounia, nichés dans des jardins. Le quartier du Guéliz
connaît, lui des transformations permanente; certain bâtiments
de l'époque coloniale sont démolis au profit d'immeubles
de plusieurs étage dont la hauteur, cependant, ne doit
pas excéder celle de la koutoubia. Le long de l'avenue
Mohammed V s'alignent banques, entreprise et bureaux.
1- Le tour
des remparts.
Bâtis
en pisé et patiemment entretenus au cours des siècles,
les remparts de Marrakech offrent des couleurs changeantes selon
l'heure et la lumière du jour. Tantôt d'un ocre
pale, tantôt d' un rouge flamboyant ils se détachent
sur le bleu du ciel et le vert de la végétation.
Ils enserrent le réseau enchevêtré des ruelles
de la médina, préservant ses secrets en ne s'ouvrant
sur la vieille ville que par neuf portes.
Durée
: compter 1 h 30 en voiture pour cette promenade de 12 Km, à
faire plutôt le matin ou en fin d'après midi, lorsque
les rayons du soleil sont suffisamment à l'horizontale
pour jouer sur la muraille.
Départ
: place de la liberté.
l'enceinte
de la médina fut construite par l'Almoravide Ali Ben
Youssef en 1126-1127, après que le sultan eut consulté
d'éminents juristes et astrologues. Ceux ci lui auraient
conseillé d'attendre que la lune entre dans un signe
zodiacal favorable avant de commencer les travaux. Cette enceinte
primitive fut élargie lors des agrandissement successifs
de la médina, notamment à l'époque almohade,
lorsque Yacoub el Mansous créa sa kasba, et sous les
Saadiens, lorsque le quartier de Sidi bel Abbès fut incorporé
à la ville. La muraille est constituée d'argile
et de chaux. haute de 6 à 8 m, voire 9 m par endroits,
sa largeur varie entre 1,40 m et 2 m. Le chemin de ronde ne
faisait que 0.60 m de large.
De la place
de la liberté, prendre au nord vers Bab Doukkala. A droite
subsiste une partie de l'ancienne Bab er Raha ou "porte
de la poterne", flanquée de deux bastions crénelés.
Bab Doukkala
est d'origine almoravide. Le nom de Doukkala désignait
autrefois un territoire s'étendant au delà de
la médina.
Suivre les
rempart en laissant à droite l'avenue qui conduit à
Bab el Khémis. Cette "porte du Jeudi" s'ouvre
sur la route de Fès et date des Almoravides. Ses vantaux
auraient été rapportés d'Andalousie par
un prince de cette dynastie.
A l'este
Bab ed Debbagh, la " porte des tanneurs " , a conservé
son système de passage compliqué, à cinq
coudées. Elle ouvrait autrefois sur le quartier des tanneurs
qui, en raison des odeurs nauséabondes se dégagent
des peaux séchées, se trouvaient cantonnés
hors de la médina. Ceux ci avaient aussi avec l'oued
Issil l'eau nécessaire au trempage des peaux.
Bab Aylen
porte le nom d'une tribu berbère qui résista farouchement
aux Almoravides lorsqu'ils voulurent prendre la ville en 1128
ou 1130. C'est sans doute celle qui a subi le moins de modifications
depuis sa construction.
Les remparts
font ensuite un angle ver le sud ouest, la route s'en éloigne
et longe le quartier de Sidi Youssef ben Ali, saint personnage
dont on voit à droite le mausolée au toit vert.
Patience,
résignation et confiance en Dieu font de ce patron de
Marrakech un homologue du patriarche Job. Atteint de lèpre,
il considéra un jour comme faveur divine le fait qu'un
lambeau de sa chair se soit détaché de son corps
malade. il mourut en 1197.
Bab Ahmar,
la "porte rouge" , est de construction alaouite. On
accède tout d'abord à une vaste esplanade, le
méchouar intérieur. Sur ce dernier donnent à
droite le palais royal à gauche les jardins de l'Agdal.
Le Palais
Royal, Dar el Makhzen, est de fondation almohade, amis fut agrandi
et embelli sous chaque dynastie. Il a été restauré
au début des année 60 par le roi Hassan II.
Le jardin
de L'Agdal est un immense enclos long de 3 Km et 1.5 Km de large.
Planté d'arbres fruitiers et d'oliviers, il fut aménagé
au XIX sur ordre de Moulay Abd er Rahman ( 1922-1859), et entouré
d'un mur d'enceinte renforcé de tours et percé
quelques portes par Moulay el Hassan ( 1873 -1894). Le jardin
conserve deux bassins d'irrigation ; le plus grand ,celui du
Dar el Hana, remonte à l'époque almohade. il se
trouve à l'autre extrémité du jardin dans
sa partie sud.
On y accède
depuis le méchouar extérieur par une allée
bordé de mirs qui traverse la partie nord du jardin,
laissant de part et d'autre divers pavillons destinés
à abriter , lors des séjours du roi Marrakech,
les invités de Sa Majesté ou les homme de sa garde.
Cette allée croise une large avenue avant de se poursuivre
de l'autre coté jusqu'aux bassins de l'Agdal.
Une porte
donne accès au grand méchouar, vaste esplanade
où se tenaient du milieu du XVIII, et durant le XIX les
réceptions royales publiques et les fantasias.
On ressort
de l'enceinte par Bab Ighli. Prendre en biais à droite
en direction de la ville moderne.
On laisse
ainsi, à 150 m nord de Bab Ighli, Bab Ksiba, qui donne
accès au Derb Chtouka, autrefois défendu par une
kasba élevée par Yacoub el Mansour.
Au delà
vers le nord, derrière une plantation d'orangers, les
remparts font un coude : à l'angle se trouve Bab er Robb.
Bab er Robb,
la "porte du raisin", avait un rôle défensif
important. elle tient son nom de la réglementation imposée
pour l'entrée du vin cuit dans la ville, qui ne se faisait
que par cette porte.
Derrière
Bab el Robb , à l'intérieur de la médina,
s'élève Bab Agnaou, qui ouvre sur le quartier
des palais.
On longe
à droite un cimetière où se trouve le mausolée
de Sidi es Soheyli, l'un des sept patrons de Marrakech ( 1115
- 1185 ).
En arrière
s'ouvrait Bab Ech Charia, porte aménagée par les
Almohades et aujourd'hui murée.
Bab el Jédid
se situe en face de la longue avenue rectiligne menant à
la Ménara.
Bab el Makhzen
ouvrait autrefois sur le kasba almoravide d'Abou bekr et de
Youssef ben Tachfine. Elle était réservée
aux sultans.
Retour place
de la liberté.
2- La Koutoubia
et la place Jemaa el Fna.
Le haut
minaret de la Koutoubia attire immédiatement le regard.
Chef-d'oeuvre de l'art hispano-mauresque à Marrakech
il servit de modèle à l'édification de
la Giralda de Séville, il domine la place Jemaa el Fna,
le coeur vivant de la ville. Il faut s'arrêter plusieurs
heures sur cette esplanade pour profiter pleinement de l'ambiance
et flâner entre bateleurs, diseurs de bonne aventure ou
vendeurs d(aphrodisiaques. C'est à la tombée de
la nuit que l'animation bat son plein. Sur la place, deux restaurants,
le Glacier et l'Hôtel de France possèdent des terrasses
d'où l'on peut observer à son aise touts les spectacles
offerts.
Accès
: place de la liberté, emprunter l'avenue Mohammed V
, elle pénètre à l'intérieur de
la médina, puis aboutit au pied de la Koutoubia.
La mosquée
de la Koutoubia , ou "mosquée des Libraires ",
doit son nom au souk des libraires qui, selon Léon l'Africain,
comptait cent boutiques de marchand de manuscrits installées
à ses pieds. Sa grande allure architecturale et , à
l'intérieur, sa richesse décorative en font l'un
des joyaux les plus purs et les plus achevés de l'art
hispano mauresque.
La construction
actuelle fut précédée d'un palais de pierre
bâti par Abou Bekr, et que le sultan almohade Abd el Mou
men fit raser pour le remplacer par une mosquée. Ce sanctuaire
ne semblant pas être orienté convenablement par
rapport à la Mecque, il fut immédiatement remplacé
par un second, mieux orienté, qui conserva cependant
le même minaret. L'édifice fut inauguré
en 1158 : Abd el Mou men entendait ainsi fixer le souvenir de
sa conquête pour la postérité, mais aussi
réaliser avec éclat sa promesse de consacrer de
nouveaux sanctuaires après la démolition des mosquées
almoravides. Ces dernières étaient considérées
comme mal orientées.
Plus vraisemblablement,
le sultan assouvissait ainsi l'implacable désir de vengeance
de son prédécesseur, Ibn Toumert, qui avait exigé
que l'on purifiait la ville de cette façon.
La mosquée
de la Koutoubia, l'une des plus vastes de l'Occident musulman
plus large que profonde ( 90 m por 60 m), comprend 16 nefs perpendiculaires
au mur de la qibla et une nef médiane plus large. Elle
s'articule sur un plan en T avec sept travées couvertes
de sept coupoles. Sa cour rectangulaire est bordée sur
deux cotés par des portiques à quatre nefs.
Le minaret
de la Koutoubia, commencé avant la construction du secont
sanctuaire par Abd el Mou men, fut achevé par son petit
fils Yacoub el Mansour (1184-1189).
le magnifique
décor extérieur, d'une grande souplesse et d'une
harmonie quasi parfaite, est différent sur chaque face.
Il combine la peinture sur enduit, à ornements floraux
et épigraphiques, le réseau d'entrelacs en relief,
où s'intercalent les peintures, le bandeau de grands
carreaux de faïence, à filet blanc sur fond turquoise,
et les arcatures, parfois entremêlées.
Au noed
de la Koutoubia, à l'emplacement de l'actuel square Abd
el Mou men,s'élevait la kasba ( Dar el Hadja), fondée
vers 1070 par Abou Bekr et achevée, ou renforcée,
par Youssef ben Tachfine. Sur les ruines de celle ci, Ali ben
Youssef (1106-1143) avait fait ériger un palais dont
on a découvert également plusieurs vestiges. Entre
l'emplacement de la kasba et la moquée actuelle, on a
dégagé les reste (bases de piliers, mur de qibla)
de la première Koutoubia almoravide.
Au Sud sur
la place Youssef ben Tachfine, dans un simple mausolée
chaulé à blanc reposeraient les restes du grand
sultan almoravide.
En face
de la Koutoubia, le Dar Moulay ali, une belle demeure marocaine
de la fin d XIX, est aujourd'hui occupé par le consulat
de France.
A 150 m
de la Koutoubia s'ouvre la place Jemaa el Fna.
La place
Jemaa el Fna. Le nom de Jemaa el Fna signifierait la "réunion
des trépassé", et son origine serait due
aux impitoyables exécutions par lesquelles un Khalifa
du sultan punissait autrefois ses ennemis, ou supposés
tels ; on y exposait, à l'occasion, les têtes des
exécutés.
Autre temps,
autre moeurs... mais le spectacle, sur la place Jemaa el Fna,
est toujours là.
Jemaa el
Fna n'est pas loin de représenter ce "forum"
dont les urbanise modernes rêvent de doter les cités
du futur, non plus simple endroit de discussion des affaires
publiques, mais centre de vie urbaine dans toutes ses manifestations,
anime d'une vie collective.
La place
ne se regarde pas seulement , il faut y passe un moment, se
plonger dans la foule et, comme elle, déambuler de baladin
en échoppe,d'étalage en funambule. il y a d'abord,
le martin, un immense marché : les marchands de délicieux
verres de jus d'arranges pressées, de fruits, légumes,
sucreries, remèdes, vannerie, quincaillerie, occasions
diverses, placage d'or pour les dent et dentiers complets aux
choix. souvenirs pour touristes,etc. Le spectacle commencent
aussi souvent dès le matin. La place presque entière
appartient alors aux conteurs, devins, diseurs de bonne aventure,
bouffons, baladins, amuseurs, lutteurs, acrobates, jongleurs,
charmeurs de serpents, danseurs et curieux. C'est le théâtre
populaire avec une multitude de scènes autour desquelles
suivant ses goûts, le public fait cercle. On assiste alors
au spectacle total du théâtre contemporain qui
réclame la participation du spectateur. Un conseil :
ayez sur vous de la monnaie, le théâtre, cela se
paie, surtout si l'on veut photographier. Attention aussi aux
pickpockets.
A l'heure
du dîner, Jemaa el Fna devient restaurant de plein air
: d'innombrables étals s'illuminent et les gargotiers
interpellent le promeneur.
L'épaisse
harira fumante et brûlante emplit les bols, les poissons
grésillent dans la friture, une épaisse fumée
se dégage des brochettes...
3- Les tombeaux
Saadiens, le palais el Badi et le mellah.
Avec la
suivante, cette promenade est l'une des plus enrichissantes
sur le plan artistique que l'on puisse effectuer à Marrakech.
Elle permet de découvrir divers monuments caractéristiques
de l'art islamique, et de trouver des havres de repos bine éloignés
de la fébrilité de la place Jemaa el Fna ou de
l'animation des souks. A noter que le palais el Badi est le
cadre, chaque année, du remarquable festival folklorique
de Marrakech.
Durée
: compter 1 h 30 à 2 h environ ; commencer la promenade
avant 10 h le matin et l'arrivée des groupes.
Départ
: Bab Agnou. Stationnement possible place des Ferblantiers ou
après Bab Berrima, sur le parking aménagé
le long du palais el Badi.
Bab Agnou,
juste à coté de Bab er Robb,est une merveille
de l'art Almohade. Agnaou est un mot berbère qui signifie
" bélier dans cornes et sans vois". Cette porte
a perdu les deux tours qui l'encadraient à l'origine.
Selon la
légende, les divers éléments de la porte
auraient été amenés d'Andalousie par les
Maures chassés d'Espagne ; on affirme aussi parfois qu'elle
est d'origine portugaises. Quoi qu'il en soit, elle est souvent
citée dans les textes anciens à propos de l'exposition
de corps et de têtes de suppliciés. C'est par cette
porte que Yacoub el Mansour entrait dans son palais. Sa fonction
était surtout décoratives car elle n'abritait
qu'un seul corps de garde. Construite en pierre calcaire bleue
du Guéliz, elle a été rougie par le sable
du désert apporté par le vent. Sa frise décorative
est remarquable et forme un magnifiques encadrement dans lequel
s'inscrivent quatre arcs en plein cintre successifs tous décorés
différemment.
Après
avoir franchi Bab Agnaou et tourné à droite, on
découvre au détour d'une ruelle coudée
le minaret de la mosquée de la kasba.
La mosquée
de la kasba fut construite par Yacoub el Mansour très
probablement en même temps que els autres parties de la
kasba, c'est à dire entre 1185 et 1190. Elle a été
restauré par le sultan saadien Moulay Abdallah, puis
par l'Alaouite Sidi Mohammed ben Abdallah, mais les remaniements
récent lui ont fait perdre beaucoup de son cachet ancien.
Au sud de
la mosquée, au fond d'une petite impasse, apparaît
la porte d'entrée des tombeaux saadiens.
Les tombeaux
Saadiens sont entourés d'une haute muraille isolant de
la kasba deux mausolée.
Bien qu'ayant
déjà servi de nécropole à deux émirs
hintata et même au sultan mérinide Abou el Hassan,
mort en 1351, le lieu ne devint nécropole royale qu'avec
l'inhumation du prince saadien Mohammed ech Cheikh en 1557.
Son fils, qui lui avait élevé une koubba, y fut
enterré à son tour en 1574. Moulay Ahmed el Mansour,
après y avoir fait inhumer sa mère lalla Messaouda
en 1591, y fit faire de grands travaux d'embellissement. il
y fut lui même naturellement enterré ainsi que
ses trois successeurs. Voulant effacer le souvenir de ses prédécesseurs,
Moulay Ismail fit murer l'entrés des tombeaux où
l'on ne pouvait plus pénétrer qu'à partir
de la mosquée de la ksba. Pour ainsi dire, les tombeaux
ne furent découverts qu'une 1917 par le service des beaux
Arts et des Monuments historiques, à qui l'on doit leur
restauration et l'aménagement d'un nouvel accès.
Revenir
à Bab Agnaou et suivre sur une centaine de mètres
environ la rue Okba ben Nafaa, qui longe les remparts de la
ksba vers le nord. Tourner ensuite à droite pour rejoindre
la place des Ferblantiers.
Selon la
tradition, Bab Berrima fut créée par Moulay Ismail
pour faciliter la sortie des matériaux du palais el Badi.
Elle donne accès au quartier de Berrima et au mellah
où, sur ordre de Moulay Abdellah (1557-1574), fut rassemblée
vers 1558 la population juive.
Passer sous
la porte surmontée de tours où nichent des cigognes,
et longer le mur de droite pour accéder, au fond d'une
impasse, à l'entrée du palais el Badi.
Le palais
el Badi. les ruines grandioses de ce palais servent de cadre
au festival annuel du folklore marocain.
Cinq mois
après avoir vaincu les troupes portugaises à la
fameuse "bataille des Trois Rois", le 4 août
1578, Ahmed el Mansour décida de sa faire construire
à coté de ses appartements privés un immense
palais de réception destiné aux fêtes et
aux audience solennelles. commencés dès la fin
de l'an 1578, les travaux devaient poursuivre jusqu'à
la mort de souverain , en 1603. On ne sait rien de l'architecte
qui en dessina les plans , mais on peut penser qu'il était
d'origine andalouse et qu'il sut s'entourer d'artistes européens,
italiens par exemple. Au cours de son voyage en Italie , Montaigne
a noté que, près de Pise, des ouvriers "taillaient
cinquante colonnes de marbre d'une très grande hauteur
pour le rois du Maroc en Berbérie tout ce marbre, assure
un chroniquer,était payé poids pour poids en sucre.
Pour se faire une idée de cet incomparable, il ne nous
reste plus que les description admiratives des visiteurs de
l'époque. En effet, Moulay Ismail, jaloux de ce joyau,
le fit abattre. La démolition commencée vers 1696,
dura une dizaine d'année. La plus grande partie des matériaux
fut utilisée pour les palais impériaux de Meknès,
mais il n'est guère, dit on , de cité maghrébine
qui n'en reçut quelques fragments.
De ce palais
où les marbres, les onyx, les riches mosaïques,
les plafonds de stuc et les revêtements de feuilles d'or
constituaient un décor féerique, il ne subsiste
plus aujourd'hui que les structures.
Le mellah.
Fondé en 1557 par les Saadiens, le mellah était
entouré d'une enceinte percée de deux portes,l'une
ouvrant sur le cimetière actuel, l'autre sur la ville.
Jusqu'en 1936, il est resté le plus important quartier
juif du Maroc, avec 16000 habitants , depuis 1956, ce sont essentiellement
des musulmans qui y vivent. Ses ruelles tracées à
angle droit abritent un souk aux tissus,épices,légumes,paisible
et bien achalandé.
Avant le
coude de la rue qui longe le mellah, sur la petite place face
au palais de la Bahia s'ouvre à gauche le soul des bijoutiers,
autrefois entièrement tenu par les juifs. On y trouve
surtout des bijoux en or. En tournant à droite, on arrive
à la Bahia.
Le palais
de la Bahia et le musée de Dar Si Said.
Quoique
de construction plus récente, voici encore deux beaux
palais de Marrakech. Le premier est l'exemple d'une riche demeure
princière réaliste à la fin du siècle
dernier,quant au second, sa visite constitue une véritable
initiation à l'artisanat marocain.
Durée
: de 1 h à 1 h 30, en fonction du temps passé
au musée ; venir le matin avant 10 h pour éviter
les groupes.
Accès
; en voiture, on peut se rendre jusqu'aux abord du palais de
la Bahia : stationnement possible soit dans l'avenue Houmman
el Ftouaki, soit place des Ferblantiers, soit sur un petit parking
qui se trouve en face de la ruelle conduisant au Dar Si Said
que l'on atteint en passant devant le Bahia par la rue Riad
Zitoun el Said.
Le palais
de la Bahia fut érige sur l'ordre de Si Moussa, grand
vizir du sultan Sidi Mohammed ben Abd er Rahman, et par son
fils Ba Ahmed, grand vizir et favori des sultans Moulay el Hassan
et Moulay Abd el Aziz, vers la fin du XIX. L'architecte El Haj
Mohammed ben Mekhi el Mifioui, nourri de traditions andalouses
et instruit par l'officier français Erckmann, mit sept
ans pour construire. De ce fait en arabe, on emploie l'expression
" la Bahia est enfin terminé" à propos
d'une affaire complexe restée longtemps sans solution.
Suivre la
rue Riad Zitoun el Jédid. On passe devant un bureau de
poste à gauche avant d'atteindre le parking. En face
, à droite de la rue , une porte s'ouvre sur une ruelle
où sont alignées des boutiques d'artisans et de
bazaristes.
On pourra
s'arrêter à la maison Tiskiwin pour découvrir
une intéressante collection rassemblée par Bert
Flint montrant différents matériaux et techniques
traditionnellement utilisés dans les arts marocains.
Au cours de la visite, on pourra admire une cour intérieure
superbement décorée datant du XIX.
La première
bifurcation à gauche mène au musée Dar
Si Said.
Le Dar Si
Said est une belle demeure marocaine de la fin du XIX construite
par le frère de Ba Ahmed, Si Said, qui fut chambellan
et vizir de Moulay el Hassan. C'est depuis 193 un intéressant
musée d'art marocain, mais dont les collections souffrent
de ne pas être enrichies ni renouvelées.
-Si vous
êtes venu en voiture jusqu'au palais de la bahia, il vous
faudra renter par le même chemin.
-Si vous
étés venu à pied, vous pouvez plus directement
rejoindre la place Jemaa el Fna: revenez à la rue Riad
Zitoun el Jedid et continuez à la suivre vers le nord
, 300 mètres au-delà du passage par lequel vous
avez gagné le Dar Si Said, la rue des Banques, à
gauche, vous ramène à la place Jemaa el Fna.
Les souks.
l'exploration
des souks est une merveilleuse aventure et réclame une
disponibilité totale. avec le spectacle de la place Jemaa
el Fna, point de départ et d'aboutissement de cet itinéraire,
c'est un véritable festival au sein d'un univers des
plus dépaysants. Tout le Maroc vous saute au visage :
couleurs, bruits, parfums agressent et déroutent le promeneur,
l'entraînant et le bousculent d'une échoppe à
l'autre,l'incitent à pénétrer plus avant
dans le dédale des ruelles qui se couvrent d'écheveaux
de laines colorées ou de lattes protectrices des rayons
du soleil, ou bien s'aèrent soudain pour former une placette
sur laquelle surgit l'attrait de nouvelles activités.
C'est peut
être aussi, et avant tout, le contact avec les gens qui
vous retiendra le plus. Cette foule bigarrées vous appelles,
vous retient, vous ignore, vous attire dans son mouvement. Elle
est formée de tout un peuple d'origine saharienne, montagnarde
et berbère,issu des classes les plus variées de
la société. Vivant au coeur même de cette
médina elle se brasse au rythme de ses occupations. Ne
craignez pas de vous égarer, il y aura toujours quelqu'un
pour vous aider à retrouver votre chemin. Enfin, que
vous ayez ou non l'intention d'acheter, vous serez certainement
envoûté par l'atmosphère incomparable de
ce gigantesque bazar. N'oubliez pas de marchander et prenez
votre temps avant de conclure un achat. Le prix peut diminuer
de moitié ou atteindre même parfois le tiers de
celui proposé au départ.
S'organiser
: cette promenade peut vous prendre une journée complète
; tout dépend de cotre capacité à résister
aux milles tentations que recèlent les boutiques. Comptez
néanmoins un minimum de deux heures de visite. Si vous
ne prévoyez pas de faire une promenade suivante,voyez
au moins la médersa Ben Youssef,l'une des plus belles
constructions de Marrakech. Attention les boutiques du souks
ferment le vendredi.
Départ
: la place Jemaa el Fna; cette promenade ne peut être
faite qu'à pied.
Achat: pour
obtenir des pris de référence, vous pouvez vous
rendre auparavant à l'office artisanal, avenue Mohammed
V.
Depuis l'Hôtel
de France sur la place Jemaa el Fna, suivre l'allée qui
prend juste en face et s'engage à travers le souk de
potiers. Après un coude à droite ceux ci cèdent
la place aux marchand de fruits secs et d'écorces de
noyer, dont les Marocains se servent pour se blanchir les dents.
Au bout de l'allée on arrive à Bab Smarine,l'entrée
principale des souks de Marrakech. Généralement,c'est
ici que les guides indésirables attendent leur proie.
La rue du
souk Smarine est occupée par de nombreux marchands d'étoffes.
Après l'avoir longée sur 200 m environ, s'ouvre
à droite une ruelle avec des boutiques d'apothicaires
et des marchands de verroterie. On vous proposera peut être
des boules d'ambre, mais la plupart sont synthétiques.
Cette ruelle
conduit au Rahba Kedima. Avant de l'atteindre, un passage à
droite conduit à une petite place où est installé
le souk Larzal, consacré aux laines. Ce sont principalement
des femmes qui viennent vendre et acheter les écheveaux
de laine brute ou déjà teinte.
Le Rahba
Kedima, la " Vieille place", est un ancien marché
aux grains qui fut aussi un marché aux esclaves. il est
en partie bordé de boutiques d'apothicaires qui proposent
une invraisemblable variété de produits inattendus,
et fournissent sorciers, guérisseurs ou magiciens en
potions de toutes sortes. Le centre de la place occupé
par des étals de légumes, de fruits et de volailles.
A gauche
s'ouvre le principale marché aux tapis, le souk Zrabia,
la criée berbère, où règne une intense
activité lorsque vendeurs et artisans écoulent
les tapis au plus offrant. En prenant à gauche à
l'intersection au centre du Souk Zrabia, on rejoint la rue principale
du Souk el Kebir,dans lequel on s'engagera à droite.
On passe
devant le souk des bijoutiers pour arriver à la hauteur
des kisarias. Cet ancien centre est formé de nombreux
couloirs éclairés par des lanterneaux qui s'ouvrent
au milieu des plafonds en bois cèdre. Ces galeries, fermées
par des portes monumentales, abritent de nombreux magasins d'habillement.
les jeans et veste en peau ont remplacé les vêtements
traditionnels. Continuer dans la rue du Souk el Kebir,fief des
maroquiniers.
En continuant
tout droit, on arrive à une place sur laquelle donne
la médersa Ben Youssef. Si vous n'envisagez pas de suivre
la promenade suivante, le détour est impératif.
On atteint
la rue du souk Cherratine, que l'on suit à gauche. Au
bout de cette petite rue, tourner à gauche dans le soul
Smata, le souk des babouches, caractéristiques avec son
odeur de cuir et les minuscules échoppes de babouchiers.
Sur la gauche on retrouve les anciennes kisarias dont on vient
de faire le tour.
Arrivé
sur une toute petite place, tourner à droite en direction
du soul Haddanie. Tout de suite à droite s'ouvre le souk
du cuivre, où l'on pourra observer l'habileté
des artisans qui façonnent le métal à l'aide
de petits marteaux. Dans le souk Hadaddine officient les forgerons
: on y trouvera notamment de belle lampes en fer forgé.
La petite ruelle à droite au coin de la rue Bab Doukkala
est occupée par des ateliers.
Revenir
sur ses pas jusqu'au nouveau du souk du cuivre et prendre la
ruelle à droite. Elle abrite le souk des Chouaris, où
l'on tresse les fibres du palmier nain pour fabriquer les paniers
et les couffins doubles pour les ânes (chouaris). Dans
ce souk, on sculpte également des cuillers et des récipients
en bois de citronner ou de noyer.
En tournant
à gauche au bout du souk des Chouaris, on parvient rapidement
au souk des teinturiers.
Les écheveaux
suspendus en guirlandes multicolores sur des cannes de roseaux
constituent un décor extraordinaire sans cesse renouvelé.
Les colorants naturels jadis utilisés ont fait place
aux teintures chimiques mais les procédés sont
restés les même. Pareils à des magiciens,
les homme s'activent autour d'énormes chaudrons noirs
pour obtenir des nuances variées.
En suivant
à droite la ruelle, on rejoint la mosquée el Mouassin.
En la suivant à gauche, on retrouve le souk des babouches.
A droite la rue Smarine ramène au souk el Kébir
d'où l'on pourra rejoindre Bab Smarine, point de départ
de cette incursion dans les souks.
Le Nord
de la Médina.
L'attrait
majeur d'une promenade dans la partie Nord de la médina
réside dans la visite de la médersa Ben Youssef
et de la koubba el Baadiyn.
Si seuls
ces deux objectifs retiennent votre attention, vous pourrez
les visiter en effectuant un petit détour au cours de
vos déambulations dans les souks. Pour le reste, l'excursion
vous conduira à travers les quartiers populaires de la
vieille ville où se trouvent les mausolées de
quelques uns des saints de Marrakech et de vénérables
mosquées. Les uns comme les autres étant inaccessibles
aux non musulmans,l'intérêt touristique demeure
assez limité. En revanche, la promenade peut être
très intéressante pour qui veut approcher la vie
quotidienne des Marrakchi.
Durée
: compter un minimum de 2 h 30 à pied.
départ:
la mosquée Ben Youssef, que l'on atteint depuis Bab Smarine
en suivant tout droit la rue du souk Smarine puis le souk el
Kébir.
La mosquée
Ben Youssef était à l'origine almoravide, mais
elle fut remaniée au XVI, puis au début du XIX,
de sorte qu'il ne subsiste pratiquement rien sa construction
initiales. Son puissant minaret de pierre s'élève
au dessus des toits de tuiles vertes vernissées à
plus de 40 m de hauteur.
La koubba
el Baadiyn qui date du XII, a été construite sur
un plan rectangulaire. Les grands côté sont en
arc de fer à cheval brisé. Cet édifice
a été dégagé du sol en 1948.
Emprunter
une ruelle à droite du jardin d'enfants installé
contre la mosquée Ben Youssef, pour atteindre un passage
couvert sous lequel se trouve à droite la belle porte
d'entrée de la médersa Ben Youssef.
La médersa
Ben Youssef est l'un des monuments les plus remarquables de
Marrakech. Cette école de théologie coranique
fut fondée par le sultan mérinide Abou el Hassan,
au milieu du XIV. Elle a été entièrement
reconstruite en 1564-1565 par le Saadien Moulay Abdallah, comme
l'attestent les inscriptions gravées sur les chapiteaux
de la salle de prière et sur le linteau de la porte d'entrée.
Moulay Abdallah en fit la médersa la plus importante
de tout le Maghreb.
Vers le
quartier des tanneurs et Bab ed Debbagh. En tournant à
droite en sortant de la médersa et après un coude
à droite, suivre tout droit jusqu'au bout de la rue qui
aboutit sur la place de Moukef. Continuer ensuite dans la même
direction par la rue de Bab ed Debbagh, qui prend légèrement
à droite de la rue précédente, et conduit
à la porte du même nom. Dans sa première
partie jusqu'à la place Moukef, la promenade permet de
découvrir d'anciens fondouqs transformés aujourd'hui
en ateliers. La rue de Bab ed Debbagh est bordée d'ateliers
de tanneurs ; le marché aux peaux brutes se trouve au
pied de Bab ed Debbag.
Revenir
à la mosquée Ben Youssef et suivre au nord la
rue Baroudienne, puis la rue Amesfah. Celle ci fait un coude
à droite à hauteur d'une belle porte en briques
rouges ouvrant sur un quartier d'habitations.
Un peu plus
loin,fontaine monumentale dite Chrob ou Chouf. Sa façade,
en bois sculpté d'inscription cursives te coufiques,
est protégée par un auvent. Près de là.
un foudouq : il en existe 140 à Marrakech, occupés
actuellement par des familles ou par des artisans. Prendre aussitôt
la première à gauche, un passage voûté
qui est prolongé par la rue de Bab Taghzout.
Bab Taghzout
est une ancienne porte de ville de l'enceinte almoravides. Sous
le règne de sidi Mohammed ben Abdallah, le quartier de
Sidi bel Abbès fut annexé à la ville. Bab
Taghzout devint alors une porte intérieure.
Le souk
el Mjadlia, ou souk des passementiers, que l'on atteint, au
delà de Bab Taghzout, en prenant sur la droite est installé
dans un passage couvert à galeries latérales soutenue
par de gros piliers, fermé par des portes. il fut construit
en 1849-1850 par Sidi Mohamed ben Abd er Rahman. Au bout du
souk, le visiteur non musulman se heurtera à l'un des
accès de la mosquée Sidi Bel Abbès, à
l'intérieur de laquelle il n'est pas autorisé
à pénétrer.
La mosquée
et la medersa de Sidi bel Abbès ont été
élevées par le sultan Saadien Abou Farès
en 1605. A côté, le mausolée, érigé
par Moulay Ismail, fut restauré à plusieurs reprises.
il est l'objet d'une vénération particulière
de la part des marchands, des agriculteurs et des aveugles ;
les offrandes en espèces sont distribuées chaque
soir aux pauvres.
Revenir
sur ses pas pour traverser à nouveau Bab Taghzout, puis
prendre la rue à droite au fond de la place qui la suit.
Après un coude à droite, suivre la première
rue à droite la porte de la zaouia suivante se trouve
juste après le premier coude à gauche.
La zaouia
de Sidi ben Sliman el Jazouli groupe plusieurs fondations pieces
autour de la tombe de l'un des sept patrons de la ville. C'est
une interessante construction de l'époque Saadienne partiellement
reconstruite dans la seconde moitié du XVIII par Sidi
Mohammed ben Abdallah. Son accès est interdite aux non
musulmans.
N7 vers
la fin du XIV, Sidi ben Sliman el Jazouli es Sembali se prétendait
descendant du Prophète. Mystique profond, il se fit aussi
le champion de la guerre sainte contre les Portugais et exerça
sur le pays une influence qui inquiéta parfois les sultans.
il est l'autour du Livre des preuves manifestes de la piété,
ouvrage très respecté dont il existe de jolies
copies enluminées.
Revenir
sur ses pas, laisser à gauche la rue empruntée
depuis Bab Taghzout, et continuer tout droit. Au bout de la
rue tourner à droite en vue d'une vaste place puis à
gauche dans la rue Dar el Glaoui en laissant à droite
la petite mosquée de Sidi bou Ameur . Continuer jusqu'au
croisement de la rue Bab Doukkala.
Le Dar el
Glaoui construit au début du siècle par le pacha
de Marrakech est une magnifique demeure masquée par de
hauts murs. Une partie est utilisée actuellement comme
bibliothèque. Une autre a été restaurée
et sert à recevoir des chefs d'Etat.
Prenant
la rue Bab Doukkala sur la gauche, on tournera plus loin à
gauche dabs la rue el Mousassin.
Le mausolée
de Sidi Abd el Aziz date du règne de Sidi Mohammed ben
Abdallah (1757-1790).
En sortant
du mausolée, reprendre à droite la rue el Mouassin
jusqu'à la petite place où se trouve la grande
mosquée el Mouassin
La grande
mosquée el Mouassin a été érigée
entre 1562-1563 et 1572-1573 par le sultan saadien Moulay Abdallah
sur l'emplacement, dit on, d'un ancien quartier juif. Son nom
rappellerait celui d'une éminente famille de chérifs
du quartier.
La fontaine
el Mouassin , de proportions monumentales, fut aménagée
en même temps que l'oratoire voisin. Le bassin de droite,
protégé par un portique orné de plâtres
sculptés et de linteaux de bois ouvragés, est
lui même précédé d'un auvent de bois
peint.
Tourner
à droite et prendre la rue el Ksour.
La petite
mosquée de Sidi Moulay el ksou est reconnaissable à
son élégant minaret mérinide ( 1331) orné
d'entrelacs curvilignes sur fond d'émail vert.
Moulay el
Ksour est le surnom de Sidi Abdallah el Ghezouani, l'un de sept
patrons de la ville, mort à Marrakech en 1528. Sa renommée
avait été telle qu'elle avait porté ombrage
au sultan Ouattasside de Fès qui l'avait fait incarcérer.
Revenir
à la rue el Mouassin qui conduit à la place de
Bab Ftouh et, de là, à la place Jemaa el Fna.
Les Jardins
de Marrakech et de Guéliz.
cette promenade
pour laquelle vous devrez disposer d'un véhicule cous
conduira vers le calme de deux jardins célèbres
de Marrakech, la Ménara et le jardin Majorelle, bien
loin de la cohue de la vieille ville. En chemin, vous découvrirez
le Guéliz la partie moderne de la ville.
Durée
: compter au moins 2 h 30, davantage si l'on souhaite d'attarder
pour profiter du calme des jardins.
Départ
: depuis Bab el Jédid, prendre l'avenue de la ménara
qui conduit aux jardins du même nom.
La Ménara
une vaste oliveraie au plan géométrique est ,
au même titre que le minaret de la Koutoubia, l'un des
symboles de Marrakech. Au loin se profile la chaîne de
l'Atlas tandis que le ravissant pavillon Saadien se reflète
dans l'eau. Les Marrakchi y viennent en famille prendre le frais
ou même pique-niquer les fins de semaine à la belle
saison.
La Ménara
est enclose dans une enceinte de pisé de 1200m de long
sur 800 m de large. Après les Saadiens, les Alaouite
entretinrent ce grand verger. Le dernier aménagement
important eut lieu au XIX, sous le règne de Sidi Mohammed
ben Abd et Rahman ( 1859-1873). les canalisations convergent
vers le vaste bassin central, creusé sans doute dès
l'époque almohade au XII, qui fut remis en état
par Sidi Mohammed. Près du bassin, on visitera un charmant
pavillon à toiture pyramidale de tuiles vertes.
A l'étage,
grand balcon à balustres sous une grande arche datée
de 1896-1870. A l'intérieur, peut être serez vous
surpris par le très grand nombre de prise électrique:
elles servent à alimenter le matériel des cinéaste
et photographes de mode pour sui le pavillon de Ménara
constitue un décor incontournable.
Reprendre
sa voiture ; par Bab el Jédid, gagner la place de la
Liberté d'où part vers la gauche l'avenue Mohammed
V,l'artère principale du quartier du Guéliz.
Le Guéliz.
Dans le Guéliz vit la Marrakech moderne, celle des embouteillages
le long de l'avenue Mohammed V, celle des cafés aux terrasses
toujours remplies d'une population essentiellement masculine.
Sur des larges trottoirs ombragés se croisent des jeunes
filles en minijupes et des femmes dissimulées sous leur
voile, tandis que les marchands de journaux et de cigarettes,
les cireurs de souliers s'installent à l'ombre des arbres
en fleurs. Chaque avenue, chaque rue offre une essence différente
: amandiers , orangers, jacarandas, formant d'énormes
bouquets mauves. Et le long des haies qui bordent les maisons
coloniales poussent jasmins et bougainvillées.
L'avenue
Mohammed V est l'axe principal du Géuliz,bordé
de commerces, de cafés,d'hôtels et de banques.
Autour de trois rond point, les places de la Liberté,
du 16 Novembre et Abd el Mou men ben Ali, rayonnent rues et
avenues. A l'angle de l'avenue Mohammed V et de la rue Souriya
se trouve le marché couvert où abondent fruits,
légumes et fleurs, mais aussi céramiques et vanneries.
En dépit
de nombreuses destructions effectuées pour construire
des immeubles plus élevés, quelques bâtiments
coloniaux subsistent. L'immeuble Gidel à l'angle de l'avenue
Mohammed V et de la rue de la Liberté est à voir
pour son hall d'entrée de style colonial, orné
de fresques naïves.
De place
Abd el Mou men ben Ali emprunter le boulevard Zerktouni puis
l'avenue Yacoub el Mansour pour gagner le jardin Majorelle.
Le jardin
Majorelle fut créé dans les années 2 par
le peintre Jacques Majorelle, puis restauré par le couturiers
Yves Saint Laurent au début des années 60
Environs
de Marrakech.
On peut
effectuer au départ de la ville quelques agreables excursions
aussi bien dans la palmeraie que dans le Haut Atlas dont les
premiers pentes sont à une trentaine de kilomètres.D'autres,
plus lointaines,seront des étapes au cours d'un itniraire
au départ de Marrakech. Tel est le cas de Demnate ou
des cascades d'Ouzoud.
1-Le tour
de la palmeraie.
( Circuit
de 22.5 Km à faire en fin d'après midi en voiture,
la visite en calèche étant un peu trop longue
; route très étroite mais asphaltée) La
palmeraie de Marrakech s'est hélas dégradée
en perdant peu à peu sa fonction agricole pour devenir
une zone hôtelière ou résidentielle, mais
reste une promenade intéressante si l'on dispose de sa
propre voiture.
De la place
de la Liberté, suivre l'itinéraire du tour des
remparts.
2.5 Km :
poursuivre tout droit par la route qui franchit l'oued Issil.
4 Km : tourner
à gauche.
le circuit
de la palmeraie permet de voir quelques îlots d'agriculture
encore épargnés par les spéculateurs immobiliers.
La route se déroule sinueusement dans la palmeraie, souvent
bordée de murs en pisé délimitant des enclos.
13 000 ha sont ainsi couverts de végétation. Sous
les bouquets de palmiers assez espacés s'étendent
des champs et des vergers.
6 Km : au
centre de la palmeraie a été aménagé
un vaste complexe de loisirs ainsi que des habitations de standing.
La suite
de l'itinéraire, quittant peu après la palmeraie,
ne présente d'autre intérêt que de regagner
le centre ville par un autre chemin.
10.5 Km
: la route vient longer l'oued Tensift, limite nord de la palmeraie.
12.5 Km
: on rejoint la route venant de Casablanca ; prendre à
gauche.
Sur la droite,
la colline de Guéliz a donné son nom à
la ville moderne. On y a exploité, depuis l'époque
almoravide, des carrières de calcaire dur qui a servi
à l'érection de plusieurs monuments de Marrakech.
22.5 Km
: Marrakech.
2-Tameslouht.
Quitter
Marrakech en direction de Taroudannt.
5 Km : suivre
à droite la S 507 vers Amizmiz.
15 Km :
prendre encore à droite.
18 km :
Tameslouht, important centre religieux de la plaine du Haouz,
entouré d'orangeraies et d'oliveraies. On ne visite pas
les deux zaouias, fondées au XVI par le chérif
Abdallah ben Hossein el Hassani, à qui l'on attribue
de nombreux miracles. La residence de ses descendants est une
réplique des kasbas seigneuriales du Haut Atlas, ses
propriétaire, s'étant ralliés au Glaoui,
ont subi la meme opprobre et se sont vu dépossédée
de leurs biens laissés à l'abandon.
3- Amizmiz.
Quittez
Marrakech en direction de Taroudannt. 5 Km plus loin, suivre
à droite la S507 vers Amizmiz.
34 Km :
pont sur l'oued Nfis, en aval du barrage de lalla Takerkoust,
construit de 1929 à 1935 et retenant un lac de 7 Km de
long.
54 km :
Amizmiz . Cette grosse bourgade comprend une zaouia fondée
par Sidi el Hossein ben Messaoud, une kasba et un mellah. Important
marché le mardi, où l'on pourra acheter des poteries
sobrement décorées.
4- Aghmat.
Probablement
fondée par les Berbères Haouara avant l'islam,
elle était vers la fin du X la capitale d'une petite
principauté. Conquise en 1058 par les Almoravides, elle
est dépeuplée au profit de Marrakech. Encore habitée
à l'époque almohade dotée d'une médersa
sous mes Mérinides, elle est ensuite abandonnée.
Le mausolée
de Moatamid Ibn Abbad et de sa femme se dresse sur la place.
Ce lettré andalou régnait à Seville à
la fin du XI lors de la Reconquête, il fit appel à
l'émir almoravide Youssef Ibn Tachfin, mais par un retournement
de situation, les émirs andalous durent combattre les
Almoravides qui s'emparent de Séville en 1091. Moatamid
Ibn Abbad est alors fait prisonnier et emmené à
Aghmat où il meurt quatre ans plus tard.
A voir encore
dans la région.
Demnate
(99km) , la route du Tizi n tichka ; Telouet (137 Km) ; la vallée
de l'Ourika ; L'oukaimeden ; Le Djebel Toubkal ; la route du
Tizi n Test ; Tin Mal (104Km)
Au départ
de Marrakech.
1- De Marrakech
à Béni Mellah par le Tadla (194 Km).
Béni
Mellal est la première étape du grand itinéraire
touristique qui, de la ville impériale du Sud, conduit
à la ville impériale du nord Fès.
Quittez
Marrakech en suivant la route du tour de la médina puis
suivre la P24.
17 Km :
laisser à droite la route de Tazzerte et Demnate.
84 Km :
El Kelaa des Sraghna, gros bourg en partie enfermé dans
une enceinte et chef lieu d'une préfecture. Marché
le vendredi.
122 Km :
route à droite pour Bzou.
Situé
à 10 Km sud. Bzou est formé d'un ensemble de village
joliment situés sur les collines boisées qui bordent
la rive gauche de l'oued el Abid. A proximité, la cascade
de Tamla est alimentée par des sources vauclusiennes
issues de petites grottes où les femmes viennent bruler
des cierges dans l'espoir de devenir mères.
148 Km :
carrefour, près de la sucrerie des Ouled Ayad.
A droite,
une route (1811) qui se transforme rapidement en mauvaise piste
( véhicule tout terrain nécessaire) conduit aux
gorges de l'oued el Abid. On dépasse d'abord Moulay Aissa
ben Idriss (23km), petit village à proximité d'un
marabout couvert de tuiles vertes ( moussem en mars)
Selon la
légende, Moulay Aissa, fils d'Idriis II, le fondateur
de Fès, serait mort sur le territoire des Ait Attab.
Pour punir cette tribu, Moulay Idriss, qui commande aux éléments,
fait périodiquement souffler sur le pays de celle ci
un violent vent d'este, le chegui, qui dessèche le sol.
On arrive
ensuite à l'entrée des gorges, superbe et impressionnant
canon peuplé de singes. D'après une autre légende,cette
cluse aurait été creusée par Sidi bou Meouane,
dont le tombeau se dresse sur un mamelon voisin. Selon Charles
de Foucaud ,l'ancien pont fut édifié par le sultan
Moulay Ismail. Au delà, on pourrai rejoindre les cascades
d'Ouzoud (46km)
La route
de Béni Mellal traverse la riche plaine agricole du Tadla.
175 Km :
route à droite pour le lac de Bin el Ouidane.
183 Km :
autre route à droite pour le même lac.
2-De Marrakech
à Béni Mellal par l'Atlas.
Moins rapide
que le précèdent, cet itinéraire offre
en revanche les beaux paysages de l'atlas, où se succèdent
gorges, cascades, lacs et foret profondes.
Quittez
Marrakech en suivant la route du tour de la médina.
17 Km :
Bifurquer à droite en direction de Tazzerte.
48 Km :
pont sur l'oued Rdat, l'un des cours d'eau de l'enfer,d'après
les habitants du payes,car il ravageait tout, autrefois, sur
son passage ; ses crues auraient pris fin à la suite
d'une prière de Sidi Rahal.
50 Km :
Sidi Rahal, près d'une zaouia et d'une kasba. Marché
le vendredi. Sur la rive droite du Rdat, petit sanctuaire Judéo
musulman.
57 Km :
Tazzerte, village groupant quatre superbes kasbas érigées
par divers membres de la famille des Glaoua, dont celle de Sidi
Madani, la plus ancienne. Marché le lundi.
68 Km :
zaouia Taglaout, appartenant à la secte des Nasiria de
Tangrout,fondée vers la fin du XVIII. Ce fut un temps
une véritable hostellerie ouverte aux habitants de la
vallée du Dra qui allaient dans le Nord ou en revenaient.
A droite
s'embranche une jolie route conduisait à Timinoutine
( 12km), au pied du barrage Moulay Youssef, construit de 1966
à 1971 sur l'oued Tessaout. il s'agit d'un énorme
barrage de terre compacté permettant l'irrigation de
quelque 30000 ha dans la plaine de Tessaout.
79 Km :
à droite Tidili des Ftouaka, entouré de verg