Protectorat
allemand en 1884, le territoire devint en 1892 une colonie marquée
par la répression (extermination des Herrero) et la ségrégation
(création de réserves raciales). Confié
en mandat à l'Union sud-africaine par la SDN après
le traité de Versailles, le territoire fut soumis à
une colonisation afrikaner, qui commença à le
transformer de fait en 5e province. En 1946, l'ONU fut saisie
du problème du statut du Sud-Ouest africain mais l'Afrique
du Sud, s'opposant à toute tutelle internationale, accentua
l'intégration dès 1949. Déchue de son mandat
par l'ONU en 1966, elle poursuivit le processus d'incorporation
en 1968-1969, étendant le système d'apartheid.
En 1971, La Cour internationale de justice déclara illégale
la présence sud-africaine sur un territoire où
la SWAPO (Organisation du peuple du Sud-ouest africain), reconnue
par l'ONU en 1973, avait engagé une lutte armée
de libération depuis 1966. Il a fallu la Résolution
435 (1978) du Conseil de sécurité pour que le
principe de création d'un État souverain soit
admis et les accords de 1988 (Genève, Brazzaville et
New York), activement préparés par l'ex-URSS et
les États-Unis, pour que les négociations aboutissent
à la naissance du nouvel État, le 21 mars 1990.
Dirigé par l'ancien leader de la SWAPO, Sam Nujoma, président
démocratiquement réélu en 1994, doté
de sa propre monnaie, le dollar namibien, le pays est engagé
dans une politique de réconciliation nationale, mais
les questions vitales de la redistribution des terres et de
la réduction des inégalités raciales (70
% des Namibiens vivent sous le seuil de pauvreté) restent
en suspens.