Bien
que très certainement déjà visité
par des navigateurs arabes depuis le Xe siècle,
l'archipel était inhabité lorsqu'il fut signalé
par Vasco de Gama, en 1502; les Portugais ne l'utilisèrent
que comme escale sur la route des Indes, et au XVIIIe siècle,
les Seychelles, toujours pratiquement inhabitées, ne
servaient que de repaires aux pirates lorsque les Français
en prirent possession; ce fut le gouverneur de l'île de
France (aujourd'hui Maurice), Mahé de La Bourdonnais,
qui, en 1742, envoya le navigateur Lazare Picault reconnaître
ces îles; ce dernier nomma les îles Mahé
(en l'honneur du gouverneur) et Praslin (du nom du duc de Choiseul),
l'archipel, quant à lui, recevant plus tard le nom de
l'intendant général des Finances, Moreau de Séchelles.
En 1756, la France en prend officiellement possession et, à
partir de 1770, le nouveau gouverneur de l'île de France,
Pierre Poivre, y introduit la culture des épices. À
la fin du XVIIIe siècle, les Britanniques tentèrent
plusieurs fois de s'emparer de l'archipel, mais la conduite
évasive du gouverneur français, Quéau de
Quinssy, permit d'y maintenir jusqu'en 1810 la souveraineté
française : il répondait en effet à chaque
débarquement britannique par une reddition immédiate,
mais, sitôt les troupes ennemies reparties, il faisait
de nouveau hisser le drapeau français. Cependant, en
1814 (traité de Paris), les Britanniques prirent officiellement
le contrôle de l'archipel, qu'ils rattachèrent
à l'île Maurice. Les Seychelles furent d?abord
administrées par un simple agent. L'octroi, en 1903,
du statut de colonie de la Couronne concrétisa la séparation
des Seychelles et de l'île Maurice. À partir de
1948, plusieurs réformes constitutionnelles successives
conduisirent l'archipel de l'autonomie à l'indépendance
(29 juin 1976), au sein du Commonwealth.
James
Mancham, le dirigeant du Parti démocratique des Seychelles
(SDP, partisan du maintien de liens étroits avec le Royaume-Uni),
devint le président de la République, tandis que
France-Albert René, chef du Parti unifié des Seychellois
(SPUP, partisan de l'autonomie), prenait la tête d'un
gouvernement de coalition. En juin 1977, France-Albert René
prit le contrôle du pays à la suite d'un coup d'État.
L'Assemblée nationale fut dissoute, la Constitution suspendue
et le SPUP, renommé Front progressiste du peuple seychellois
(SPPF), érigé en parti unique. Deux ans plus tard,
une nouvelle Constitution entra en vigueur, confirmant l'orientation
«socialiste» de la nouvelle république. Seul
candidat aux élections présidentielles, A. René
vit son mandat reconduit en 1984 et 1989. Les nombreuses tentatives
de coups d'État menées, à l'intérieur
du pays par les forces de l'opposition appuyées par des
mercenaires, ou dirigées par des opposants en exil, se
soldèrent par des échecs (1981, 1987). En janvier
1992, cependant, sous la pression internationale, notamment
celle de la France et du Royaume-Uni, le président René
annonça la tenue d'élections pluralistes avant
la fin de l'année. Le SPPF remporta plus de 58 %
des suffrages exprimés contre plus de 33 % pour
le Nouveau parti démocratique (NDP) de l'ancien président
J. Mancham revenu d'exil. La Constitution fut amendée
en janvier 1993. Le référendum sur la constitution
de la nouvelle Assemblée nationale, organisé par
A. René et J. Mancham, recueillit l'approbation
de près de 74 % des votants et le président
sortant fut réélu en juillet. L'introduction,
en novembre 1995, de l'Acte de développement économique
(EDA) garantissant l'immunité d'extradition aux gros
investisseurs étrangers et les réformes favorisant
le développement du tourisme de luxe et de l'industrialisation
au détriment des aides publiques, soulevèrent
l'indignation de l'opposition. Au sein de la communauté
financière internationale, l'EDA fut perçu comme
un coup de force menaçant l'équilibre du système
financier mondial. Sous la pression de nombreuses puissances
dont la France, les États-Unis et le Royaume-Uni, le
gouvernement seychellois, renonçant à ce projet,
constitua une commission de contrôle des candidatures
présentées par les investisseurs potentiels et
mit en place une législation destinée à
prévenir le blanchiment de fonds illicites. En 1996,
un amendement à la constitution créa le poste
de vice-président, dont les responsabilités ont
été augmentées en 1997.