Selon le Bureau des statistiques de Washington, la Sierra Leone
appartient au groupe des 10 pays les plus pauvres du monde:
180 dollars par tête, 79,3 % d'analphabètes
alors que Freetown abrite l'université de Foura Bay,
qui fut l'un des plus prestigieux établissements africains.
Les importations de céréales ne cessent de croître
(83.000 tonnes en 1980, 136.000 tonnes en 1993)
alors que le pays exportait du riz dans les années 1950,
la production alimentaire par tête décline (- 1,2 %
l'an entre 1980 et 1993).
Agriculture
Les paysanneries, surtout rizicoles, ont pourtant maîtrisé
la culture du manioc et utilisent depuis longtemps le palmier
à huile. Mais les pouvoirs publics et la Rice Corporation,
chargée de commercialiser le riz en 1965 et dissoute
en 1979 à la suite de scandales financiers, ont
laminé les revenus monétaires des ruraux. Ceux-ci
se sont repliés sur l'autoconsommation alors que la demande
urbaine croît rapidement: au rythme actuel, la Sierra
Leone pourrait compter 40 % d'urbains en l'an 2000. La
corruption et la médiocrité des réseaux
de transport n'ont pas encouragé la diffusion des cultures
commerciales, et seuls le gingembre (régions de Bo et
de Moyamba), le piassava du sud et de l'île Sherbro et
l'arachide du nord procurent quelques rentrées monétaires
hors trafic clandestin. Malgré la multiplication des
discours sur la révolution verte et l'autosuffisance
alimentaire, lancées en 1986, la situation demeure
précaire pour une agriculture qui fournirait 39 %
du PNB, contre 28 % en 1970.
Les secteurs minier et industriel
La Sierra Leone bénéficie des richesses minières
du socle. Le minerai de fer de Marampa, exploité entre 1933
et 1975, a longtemps alimenté les recettes d'exportation,
mais c'est sur la bauxite (Mokanji Hills, Sembehun), le rutile
(Shenge et Gbangbama) et surtout les diamants (placers alluviaux
et gisements de l'est) que repose la production minière
qui fournit deux tiers des exportations officielles. C'est dans
les années 1950 que fut stimulée la production
diamantifère, par élargissement de l'aire exploitée
depuis 1935: aux mines du district de Kono s'ajoutèrent
celles du district de Kanema; en 1970, la National Diamond
Mining Company, contrôlée par le gouvernement,
a pris en charge l'exploitation à ciel ouvert des placers
alluvionnaires de l'est du pays. Parallèlement, les prélèvements
illégaux ont été multipliés et le
trafic clandestin avec le Liberia s'est amplifié: la
Diamond Corporation, qui associe l'État et les grands
négociants internationaux (De Beers, Oppenheimer), estime
que plus de 80 % des ventes réelles lui échappent
et les statistiques de production (2.000.000 de carats en 1970,
550.000 en 1997) n'ont rien à voir avec l'extraction
effective. La communauté d'origine libanaise, très
active en tous domaines, a été considérée
comme le véritable patron d'un État en faillite
et endetté.
En avril 1992, la junte au pouvoir a entrepris des réformes
soutenues par le FMI et la Banque mondiale, qui ont accordé
un prêt de 43,4 millions de dollars pour rétablir
une politique fiscale, mettre au point une politique monétaire
et amorcer le redressement des comptes publics.