Etat
côtier d'Afrique de l'Ouest encadré par la Guinée
et le Liberia, la Sierra Leone (71.740 km²), née
du rêve d'humanistes britanniques, pourtant dotée
de ressources minières et de fortes densités rurales,
est un pays déstabilisé par la guerre civile,
et dont l'économie est en faillite.
Adossée
aux monts Loma (Bintimani, 1.950 m), la Sierra Leone est
constituée de trois grands ensembles de reliefs: des
plateaux intérieurs taillés dans le vieux socle
cristallin et incisés par de profondes vallées,
des plaines littorales basses parsemées de reliefs résiduels
et des côtes découpées en rias au nord de
l'île Sherbro, dont le Rokel, estuaire de la Seli protégé
par « la montagne du Lion » (la « Serra
Leo » des navigateurs portugais), presqu'île
abritant la capitale, Freetown.
Frappé
de plein fouet par la mousson atlantique, le pays est très
humide: plus de 3.000 mm annuels sur les côtes, plus
de 2.000 mm dans l'arrière-pays. Les bas-fonds côtiers
portent la mangrove, et la forêt dense semi-hygrophile,
qui tapisse les plateaux intérieurs, avec des variantes
plus sèches au nord-est, est remplacée par des
savanes arborées lorsque les défrichements ont
été actifs.
Population
Avec 5,3 millions d'habitants, la Sierra Leone est relativement
peuplée et sa densité moyenne (73,8 h./km2)
est l'une des plus élevées d'Afrique de l'Ouest.
La croissance urbaine est vigoureuse (+ 4,7 % l'an depuis 1980),
l'agglomération de Freetown, la capitale, atteint 470.000 habitants,
mais les autres villes demeurent modestes (Koidu-New Sembehum
80.000 h., Bo 26.000 h.). La population est encore
majoritairement rurale (66,3 %). Très inégales,
les densités rurales, 50 h./km2 en moyenne, sont
parfois très fortes et excèdent 150 h./km2
en pays mendé au sud, en pays temné au nord-ouest
et sur le littoral septentrional.
En
raison de son histoire, le pays regroupe des populations d'origines
très différentes. Aux peuples de l'intérieur,
issus pour la plupart de migrations anciennes en provenance
de l'aire culturelle septentrionale mandingue, s'opposent les
descendants d'anciens esclaves, débarqués à
Freetown par des bâtiments britanniques aux XVIIIe et
XIXe siècles. Ces immigrants étaient d'origines
très diverses, mais ils se sont progressivement confondus
en un seul groupe, les « Krios », anglicisés,
christianisés, vivant en ville et bénéficiant
de la sollicitude de la Grande-Bretagne jusqu'à l'indépendance.
La population actuelle est dominée par deux grands groupes
de l'intérieur, les Mendés (34,6 %) et les
Temnés (31,7 %), dont le poids démographique
submerge les « Krios ».