Le
peuplement de la Tanzanie est essentiellement d'origine bantoue,
quoique le pays soit à l'extrême pointe de l'avancée
nilotique (avec les Massaïs en particulier). La Tanzanie
a été le cœur continental de l'empire commercial
de Zanzibar, dominé par les Arabes d'Oman, associés
aux commerçants du sous-continent indien. La civilisation
swahilie s'est épanouie dans l'archipel de Zanzibar et
dans les comptoirs de la côte comme de l'intérieur,
Tabora notamment: l'islam est plus répandu que dans les
autres pays d'Afrique de l'Est et le swahili a pu devenir assez
aisément la langue nationale.
La
répartition de la population, estimée à
29,5 millions d'habitants, est très inégale
et largement périphérique, avec une densité
moyenne de 31,2 h./km2 et des densités maximales
dans les massifs du Nord-Est, au sud et à l'ouest du
lac Victoria (pays sukuma et haya), dans les montagnes du Sud
et sur la côte. Une progression de la population dans
les plateaux centraux, longtemps très sous-peuplés,
atténue un peu ces contrastes. À l'origine caractérisé
par un habitat éparpillé en hameaux, le monde
rural a connu une grande opération de «villagisation»,
destinée à faciliter le travail en commun et l'équipement;
devenue systématique en 1974, elle n'a toutefois
pas frappé les massifs les plus peuplés, où
les maisons continuent d'être éparpillées
au milieu des champs. Le taux d'urbanisation reste modeste (34,3 %).
Malgré une progression des villes de l'intérieur,
les centres urbains les plus actifs restent côtiers: quoiqu'elle
ait en principe abandonné le statut de capitale à
Dodoma (120.000 h.), Dar es-Salaam (1,6 million h.)
reste le pôle urbain et économique majeur, et de
loin la principale ville.