Le Ghana actuel tire son nom du royaume de Ghana, bien que
son territoire ne corresponde pas à celui de cet ancien
État médiéval. Le développement
du pays est lié à celui des routes commerciales
transsahariennes, à la pénétration de l'islam
en Afrique noire et aux migrations de peuples divers, notamment
celles des Mandés, des Haoussas et des Akans (XIIIe-XVIe s.).
Les Européens (Portugais, puis Anglais, Hollandais, Suédois,
Danois, Prussiens) fondèrent dès la fin du XVe
siècle des comptoirs sur la côte, attirés
par l'importance des gisements aurifères de la région.
L'aire forestière fut dominée au XVIIIe siècle
par le puissant Empire aschanti dont les souverains, résidant
à Koumassi, résistèrent à la colonisation
britannique jusqu'en 1901. Les Britanniques créèrent
en 1874 la colonie de la Côte-de-l'Or et y développèrent
la culture du cacao. Au centre et au nord du territoire, les
populations furent pourchassées lors de la traite négrière,
de sorte que le Sud forestier était, à la fin
du XIXe siècle, plus peuplé, plus structuré
et plus dynamique que les régions septentrionales et
centrales.
Cette colonie, à laquelle fut intégré
l'ancien Togo britannique, obtint son indépendance le
6 mars 1957 et prit le nom de Ghana, magnifiant la fierté
historique de l'Afrique de l'Ouest. Le Ghana est alors le premier
territoire africain accédant à l'indépendance
au XXe siècle et le plus prospère des pays
du golfe de Guinée. En 1960, la république est
proclamée, le Ghana restant membre du Commonwealth. Kwamé
Nkrumah, leader charismatique, chantre du panafricanisme et
d'une voie africaine socialiste originale, se place à
la tête du pays; le Ghana devient un symbole et un exemple.
De 1957 à la chute de Nkrumah, en février 1966,
la situation économique se détériore. Pendant
cette même période, le régime s'engage dans
un étatisme progressif, renforçant le poids du
CPP (Convention People's Party) sur les rouages politiques.
Le renversement du régime ouvre une période d'instabilité,
de luttes permanentes entre civils et militaires. Après
de brefs intermèdes de gouvernement civil (1969-1972
et 1979), le coup d'État du 30 décembre 1981
porte le lieutenant Jerry Rawlings au pouvoir. La Constitution
approuvée par référendum le 28 avril 1992
instaure des principes démocratiques, et le 3 novembre 1992,
Jerry Rawlings a été élu président
du Ghana au suffrage universel. Le Ghana est entré en
1993 sous sa IVe République. L'éclatement de la
coalition gouvernementale en 1995 et la démission
de Kwesi Botchwey, homme clé de l'ajustement financier,
montrent toutefois que les réformes économiques
constituent une vigoureuse ligne de clivage. Si Jerry Rawlings
a été réélu à la présidence
en 1996, le candidat à sa succession, le vice-président
John Attas Mills, a été battu lors des élections
de décembre 2000 par John Kufuor, candidat du NPP,
le principal parti d'opposition.